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noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.

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Rosemary C. Bowers-Floyd
ROSE ses pétales sont une illusion et chaque épine une réalité.

☇ PRÉNOM : Flora / golden mind.
☇ STAR : Eva Green
☇ CRÉDIT : © bazzart
☇ MISSIVES : 1403
☇ ÂGE : 32 ans
☇ STATUT : officiellement mariée; comet un adultère pour avoir un enfant; va vivre un amour fusionnel et interdit.
☇ JUKEBOX : falling down ✫ scarlett johansson.


MessageSujet: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Dim 25 Déc - 17:36



la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.

Bienvenue dans le merveilleux sujet de Rosemary C. Bowers-Floyd qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire Noah S. Gosselin. Actuellement ils font un sujet privé. N’est ce pas merveilleux ? L’histoire se déroule le 20 décembre 1923 aux alentours de dix-sept heures trente alors que la météo est très fraîche. A présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : Rosie est perdue. Gabriel, son meilleur ami, a accepté d'être le géniteur de son enfant aux dépens de Russel, son mari. Seulement, elle prend conscience des dangers que la situation représenterait et imagine ce que serait sa vie si, finalement, l'amour existait. Sur le pont de Brooklyn, Rose est sur le point de faire une rencontre qui va chambouler sa vie à jamais...

crédit © bazzart
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Dim 25 Déc - 18:22

Russel avait passé la journée à l'extérieur et j'avais passé l'après-midi à cuisiner puis, pour me détendre, j'avais entrepris la décoration de Noël dans notre maison. J'habillais enfin le sapin qui était resté vert jusqu'alors et ajoutais quelques guirlandes colorées autour de la rambarde de notre escalier et au dessus des portes. Mais j'avais fini par soupirer en me laissant tomber sur le fauteuil en cuir du salon, les yeux rivés sur le sapin. Noël est magique quand des enfants viennent vous réveiller avant même le levé du soleil, quand ils ont patienté plusieurs semaines pour qu'enfin, leurs yeux s'illuminent à la découverte des cadeaux emballés sous l'arbre de Noël. Une légère amertume viendrait s'ajouter à ce prochain Noël. J'avais passé la trentaine d'années et je n'étais toujours pas maman. Sentant une vague de chagrin et de colère m'envahir, je décidais de sortir prendre l'air. Je passais à la salle de bain, passais mes doigts dans mes cheveux bouclés pour ne laisser passer aucune mèche rebelle, j'ajoutais du mascara, mes cils s'allongeant un peu plus pour faire ressortir mes grands yeux ronds et bleus. Je finis par mettre mon rouge à lèvres et embrassais un mouchoir avant de frotter mes lèvres entre elles. Satisfaite, je descendis à l'entrée où je m'habillais chaudement; j'enfilais mon manteau, le boutonnais entièrement en y glissant ma grosse écharpe de laine à l'intérieur, protégeant bien mon cou. J'enfilais avec soin mes gants noirs en cuir, en faisant attention à mes longs ongles impeccablement limés vernis de rouge.

Je sortis enfin dans la rue, refermant la porte derrière moi, ne prenant même pas la peine de laisser un mot à Russel. Il rentrait très tard, comme à chaque fois, et me trouverait endormie dans le lit conjugal. Je connaissais mon mari et ses journées surchargées de travail. Bourreau de travail à un tel point qu'il ne remarquait pas que sa femme était malheureuse. Je soupirais dans la rue, marchant seule au hasard en regardant les vitrines sans vraiment y prêter attention. À fleur de peau, j'eus les larmes aux yeux à la simple vue d'un enfant croquant dans un sucre d'orge alors que sa maman le serrait dans ses bras pour le protéger du froid alors que le petit bonhomme s'émerveillait devant une vitrine de Noël. Je baissais les yeux et continuais mon chemin en pressant le pas. J'eus soudain une envie d'évasion et je choisis de m'enfoncer dans une des bouches du métro pour rejoindre Brooklyn. Le trajet me permit de me réchauffer un peu. Il faisait tellement froid dehors que le métro me semblait être chauffé alors que seule la chaleur humaine et le souterrain aidaient à cette douce sensation. Arrivée à destination, je sortis en remettant mes gants et me dirigeais sans réfléchir sur le célèbre pont du quartier. Bientôt, je rejoignis la berge et la barrière du pont où je m'accoudais. Je fermais les yeux en penchant légèrement la tête en arrière, prenant une grande goulée d'air frais. Puis, souriant faiblement, je fis basculer ma tête à nouveau en avant pour admirer le coucher du soleil. J'aimais les soirs d'hiver. Le vent frais libère quelque chose de nostalgique et brise quelque part cette glace qui s'est formée autour de mon cœur. Oui, c'est exactement ça, j'aimerais des bras chauds d'un homme qui m'enlacerait sur ce pont. Bizarrement, ce n'est pas le visage de Russel qui m'apparait. Ni celui de Gabriel avec qui je partagerai des aventures à venir. Si cet homme existait, j'étais certaine qu'il voudrait être père et qu'il saurait m'offrir l'enfant que je voulais tant. Seulement, cet homme, ça faisait quatorze ans que je l'attendais, quatorze ans à attendre, en vain...
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Lun 26 Déc - 12:13

La journée avait été plutôt fraîche, en cette mi Décembre. Les jours raccourcissaient, et mon temps libre également. Je travaillais comme un forcené ses jours ci. Pour acheter les cadeaux de Noël, dont la liste était déjà assez longue. Mais étant un manuel dans l'âme, je ne dépensais jamais énormément, juste en matière brute, pour offrir mes travaux ensuite. Pour Hanael, qui allait avoir bientôt trois ans, un cheval à bascule, que j'avais mis plus de six mois à construire. Mon petit neveu était craquant ces temps ci, à courir partout. Je savais que c'était un cadeau qui lui plairait, d'autant plus que j'avais acheté un petit train en bois pour qu'il s'amuse à ses heures perdues. Pour ses parents, je leur avais promis une nouvelle table pour leur salle à manger, et table ils auront. J'étais charpentier à la base, mais je paraissais plus comme un menuisier ces temps ci. Surtout en période de fêtes. La chasse aux cadeaux n'était pourtant pas terminée. Il me fallait trouver les cadeaux de mes parents. Pour mon frère, c'était encore un rituel entre nous, de sortir le soir du 25 Décembre pour passer un moment entre nous. Je savais ce que voulais mes parents aussi, mais c'était plus difficile à acquérir, vu combien tout coûtait cher. Surtout le prix d'un billet pour une de ces fameuses pièces de Broadway. Mais ma mère voulait à tout prix en faire l'expérience, et je ne pouvais rien lui refuser. Mais je n'avais pas encore la totalité de la somme, et je ne pouvais pas la lui acheter aujourd'hui. Je marchais donc dans les rues de notre quartier, mes pas m'emmenant comme d'habitude sur le pont que j'affectionnais tant, cette magnifique œuvre qu'est le pont de Brooklyn. Fièrement dressé ici, dans toute sa splendeur. Et comme d'habitude, je m'installe sur un banc et, affublé de mon calepin et de mes fusains, je me met à dessiner. Une habitude qui me permet de m'évader, et de penser à autre chose que le dur labeur qui m'attendra le lendemain…

Le soleil continuant sa course dans le ciel, il illumine le ciel d'une lueur rosée et mauve qui n'est pas vraiment commune en ce mois de Décembre, souriant, je laisse le fusain courir sur le papier, alors que mon regard se pose sur une silhouette accoudée à la rambarde. Un instant, je ne peux quitter mes yeux de cette silhouette, qui semble si triste vue d'ici. Fronçant les sourcils, je l'observe pencher la tête en arrière, le vent faisant virevolter les quelques mèches qui s'échappent de son chignon si élégamment constitué. Elle n'est pas d'ici, on peux le comprendre rien qu'en la regardant. La qualité de ses vêtements, de ses cheveux relevés comme ça, et de son maquillage impeccable ne peux que nous montrer qu'elle ne vit pas dans ce quartier. Fronçant les sourcils un peu plus, je me demande pourquoi. Elle n'a pas l'air d'une touriste, surtout pas vêtue comme cela et sans escorte. Mais je ne peux me résoudre à cesser de l'observer. Ce que je remarque par contre, est la tristesse qui s'émane de ses traits. Ses yeux fermés, je la vois sourire faiblement, alors qu'elle semble profiter de l'instant. Mais sa tristesse elle, me frappe en plein cœur. Je n'ai jamais vraiment été touché par un tel spectacle. Pas à ce point. Et comme si je n'étais plus maître de mes gestes, mes mains tournent la page, se remettant à dessiner, mes gestes précis et rapides. Sans m'en rendre compte, je dessine sa silhouette d'abord, puis retourne une nouvelle page, pour dessiner son visage. Pour dessiner la tristesse que mes yeux semble avoir accroché dans les siens. Et soudain, ce sentiment s'empare de moi. Etrange, et pourtant familier à la fois. Un sentiment que j'ai déjà ressenti. Ce sentiment de vouloir réconforter l'autre, de la prendre dans mes bras pour la réchauffer, en lui soufflant à l'oreille que tout irait bien, que j'étais là pour elle. Ce sentiment que je n'avais ressenti qu'avec Carolyn. Ce sentiment que j'avais cru avoir perdu à tout jamais, le jour où elle s'était éteint, emportant notre enfant avec elle. Mais ce sentiment, je le retrouvais ici, dans le regard de cette femme si triste, qui semblait n'attendre que moi…
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Ven 30 Déc - 13:46

Les yeux fermés, j'imaginais une autre vie. Celle où mon Noël serait illuminé par des têtes d'ange, mes enfants. Je voulais entendre des pas excités dévalés les escaliers le matin du vingt-cinq alors que je serai encore dans les bras de leur père et de l'homme que j'aime. Je sortirais du lit, la mine ravie et après avoir enfilé ce peignoir de soie que mon mari aime m'enlever parfois, je serai descendue rejoindre ma fille et mon fils qui déchiraient déjà les paquets avec joie. Leurs yeux pétilleraient en découvrant ce que le Père Noël leur a apporté. Ils diraient qu'il est vraiment très fort parce que c'est exactement ce qu'ils voulaient. Je serais une maman à l'écoute, câline et protectrice. Je soupirais en ouvrant les yeux une nouvelle fois. Les images s'effacèrent aussitôt et je me retrouvais face à cette réalité qui me dégoûtait un peu plus chaque jour qui passait. Ce n'était pas que Russel me maltraitait, ça, je ne pouvais pas lui reprocher. C'était plutôt son comportement envers moi qui me séparait de cette entente primordiale dans un véritable couple. Il faut toujours que tout aille dans son sens, tout. Même fonder une famille, je n'en ai pas le droit. Gabriel et moi nous comprenons sur ce point et depuis ma dernière visite faite à mon ami, je dois dire que ça ne va pas fort. Déjà, parce qu'il a accepté la proposition que je lui ai faite. Il me ferait cet enfant que je désirais. Seulement, comment annoncer la nouvelle à Russel lorsque je serai enceinte? Peu importe, je rêve de porter mon enfant. Je serai prête à tout pour que Russel accepte un enfant qu'il croira de lui, forcément. Mais j'avais compris une chose depuis ma discussion avec Gabriel; c'était que malgré le lien indéniable qui m'unissait à mon mari, je ne l'aimais pas, et je ne connaîtrais peut-être jamais ce qu'est l'amour. Je disais m'en moquer, et parfois, c'était vrai. Je ne ressentais pas le besoin d'aimer mais un jour comme était celui-ci, ma solitude me pesait et je voulais ressentir les symptômes de l'amour.

Je souris quand le chant timide d’un oiseau m’interpelle. À une telle saison, ce spectacle est plutôt rare. Je le vois posé un peu plus loin sur la rambarde, et mon sourire s’élargit, tout en restant triste. Deux oiseaux semblent se câliner et s’apprécier. Ce doit être ceux-là que l’on appelle les Inséparables. Ils sont beaux et insouciants. Je voudrais être un oiseau. Un frisson me parcourt quand le vent froid s’engouffre dans mes cheveux. Je remonte un peu plus le col de mon manteau et remonte les épaules. Je serais mieux à l’intérieur mais pourtant, je n’ai vraiment pas envie de rentrer. Je pose mon coude sur la rambarde, et soutiens mon menton avec la paume de ma main, les doigts repliés sur ma joue, tenant mon écharpe contre mon visage. Je fronce légèrement les sourcils, je me sens observée. Le sixième sens existe vraiment, je crois. Je tourne la tête de chaque côté, mais je ne vois personne contre la rambarde et ce, à des mètres à la ronde. Discrètement, pour ne pas paraître idiote et paranoïaque, je me retourne, et m’accoude à la rambarde et garde la tête droite vers l’horizon de l’autre côté du pont mais mon regard se déplace. Je cille à plusieurs reprises en voyant un jeune homme assis dans un coin, sur le pont. Il semble ne pas me lâcher du regard et les seuls fois où son regard quitte ma personne, c’est qu’une fraction de seconde pour regarder… un calepin. Je ne rêve pas, il a bien un crayon entre les mains. Je réfléchis un instant aux possibilités, mais n’en trouve qu’une qui peut être plausible. Je suis persuadée qu’il esquisse mon portrait. Mais de quel droit fait-il cela ? Je ne le connais pas. Et qu’il ne compte pas venir me demander de l’argent pour me le vendre ensuite. Certains artistes ambulants font ça. On ne leur demande rien et après, on se sent obligés d’acheter leurs œuvres. Russel a horreur de cette façon « de forcer la main » comme il dit. Pour ma part, je trouve ça plutôt honorable. Certains ont vraiment un talent fou. Mais là, je ne suis pas d’humeur. Je soupire longuement et ne peux résister à mon élan d’impulsivité. Peut-être que j’avais juste besoin de me défouler de ce trop-plein de pression accumulée ces derniers et que le pauvre dessinateur se trouve simplement là au mauvais moment, au mauvais endroit.

Je me repeigne mieux, et me racle la gorge avant d’avancer d’un pas décidé vers celui qui m’a mise soudainement en colère. C’est étrange ce sentiment. Pourquoi je le hais tant d’un coup, pourquoi un inconnu me met-il dans un état si souvent réservé aux personnes qui nous sont chères. Je retire mon gant gauche et tape doucement ma main avec en avance d’un pas décidé vers le dessinateur qui continue à me regarder. Je ne prends pas le temps de décoder son expression. J’enfouis ma main gauche dans mon manteau, y rangeant mon gant mais je laisse ma main dedans. Pas seulement à cause du froid, je crois que j’aimais semer le doute sur mon statut familial. C’était cependant inconscient. Enfin, j’arrivais devant le jeune homme et je me raclais la gorge. « Bonjour. Belle journée ? » commençais-je d’un ton sec. Mais je ne lui laissais pas le temps de répondre et repris ; . « Non, en fait, je n’ai pas envie d’être polie. Je peux savoir ce que vous avez à me fixer comme ça depuis plusieurs bonnes minutes. Et qui sait, vous êtes peut-être là depuis que je suis arrivée et je ne m’en suis pas rendue compte. » Je jetai un œil vers son calepin mais je n’arrivais pas à voir. En vérité, je crevais d’envie de savoir s’il gribouillait ou si vraiment, il avait un vrai talent. Ça m’intriguait, l’art m’attirait toujours en général. . « Je vous ai vu dessiner. Vous ne me dessinez pas contre mon gré, au moins ? J’espère que c’était les oiseaux qui sont… » Je tourne la tête et pointe leur emplacement du doigt. Je soupire. Ils ne sont plus là. . « Ils étaient là. Bref, vous n’avez pas le droit d’utiliser l’image des gens comme ça. ça ne me plaît pas du tout ! » m’emportais-je, mon impulsivité pas vraiment justifiée. Seulement, j’avais trouvé quelqu’un pour hurler, et extérioriser tout le mal que je ressentais. Le pauvre ne se trouvait juste pas là où il fallait quand j'avais décidé de me transformer en tornade.
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Ven 30 Déc - 22:24

Sa tristesse. C'était tout ce que je voyais en elle, elle qui était accoudée à cette rambarde, à observer un point qui n'existait pas devant elle. Peut être fuyait-elle une situation trop difficile à supporter. Ou alors elle avait juste besoin d'un peu de calme. Tout cela, je ne pouvais pas vraiment le savoir. Mais tout ce que je voyais, c'était sa tristesse. Ce sentiment puissant qui émanait de ses traits, et dont mes doigts en dessinait le portrait sur ce petit morceau de papier, sans la quitter des yeux. Comme un automate, je la dessinais, de profil, de face, chaque détail, retranscrit à la perfection. En l'observant comme ça, remettre ses cheveux virevoltant derrière son oreille, j'essayais de deviner ce qu'était sa vie. Probablement une vie bien meilleure que la mienne pour commencer. Ça c'était certain. La qualité de ses vêtements me le prouvait. Mais ensuite, il y avait quelque chose d'autre. Son attitude peut être. Elle semblait perdue, fragile, et ce sentiment de la protéger me frappa de plein fouet. Comme un marteau, il me percuta, me coupant pratiquement le souffle. Je dus un instant baisser les yeux, pour contempler les esquisses que j'avais dessiné. Ses yeux ressortaient le plus. Mais son visage, était parfaitement retranscrit sur cette feuille de papier. Un de mes plus beaux dessins, sortit tout droit du cœur. Il était rare que je dessine de cette façon. La dernière fois avait été le visage de ma défunte femme. Carolyn, décédée prématurément, avait été la dernière personne que j'avais dessiné comme cela. Un sourire fleurit sur mes lèvres, alors que je relevais le regard vers cette silhouette si triste qui m'avait inspiré de cette façon…

Je la voit remonter le col de son manteau, le froid la saisissant doucement. Sa position devient un peu plus mélancolique, alors qu'elle s'accoude à la rambarde, soupirant probablement. Et je reprends mes croquis, sans me douter de ce qui va se passer dans peu de temps. Car soudainement, elle se met à regarder autour d'elle, comme si elle pouvait sentir que je l'observais. Mais je ne remarque même pas le froncement de ses sourcils, alors qu'elle se retourne pour être plus discrète. Je continue à la dessiner, son portrait devenant de plus en plus détaillé. Jusqu'à ce que son regard croise enfin le mien. Rien qu'un instant, par réflexe, je baisse les yeux, observant une nouvelle fois son portrait parfaitement dessiné sur ce petit morceau de papier. Avant de relever les yeux vers elle. Mais cette fois, c'est de la surprise qui teinte mon expression. Car la jeune femme si triste que je dessinais n'est plus accoudée à la rambarde, mais devant moi, à même pas un mètre de là où je me suis installé. Et ce qui suit, je ne l'avais pas vu venir. "Bonjour. Belle journée ?" Je regarde autour de moi, comme pour me rassurer que c'est pas à moi qu'elle parle, mais rien. Mon regard se posant à nouveau sur elle, je m'apprête à lui répondre, mais elle ne m'en laisse pas le temps. "Non, en fait, je n'ai pas envie d'être polie. Je peux savoir ce que vous avez à me fixer comme ça depuis plusieurs bonnes minutes ? Et qui sait, vous êtes peut être là depuis que je suis arrivée et je ne m'en suis pas rendue compte." Alors là, j'ai juste rien compris. Par réflexe, je relève le calepin vers moi, cachant mes œuvres. Comme si je ne voulais pas qu'elle les voit. Pour cacher ce que je voyais d'elle peut être…

Son regard se pose un instant sur mon calepin, avant de continuer sur sa lancée. "Je vous ai vu dessiner. Vous ne me dessinez pas contre mon gré, au moins ? J'espère que c'était les oiseaux qui sont…" Elle se retourne, pour me montrer un point vide. Je fronce les sourcils. Des oiseaux ? Où ça ? Mais je ne dis toujours rien, la laissant continuer. Ne jamais interrompre une femme quand elle vous fait la moral, un petit conseil d'ami. "Il étaient là. Bref, vous n'avez pas le droit d'utiliser l'image des gens comme ça. Ça ne me plaît pas du tout !" Et la voilà qui s'emporte. Si j'avais su, je ne serais carrément pas venu. Et pourtant, je soupire, secouant la tête en posant mon calepin sur mes genoux, mes dessins bien en vue. Et je m'excuse, platement. Maladroitement également. "Je suis désolé, Madame. En aucun cas je ne voulais vous offenser. Je… Je viens souvent ici. Dessiner. Je ne suis pas là pour autre chose…" Baissant les yeux, je m'arrête. Je n'ai jamais été bien doué pour les excuses. Et puis même avec mes excuses, si elle est décidée à m'en vouloir, il n'y aura rien que je pourrais faire pour l'en empêcher. Autant faire dans la diplomatie dans ce cas…
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Sam 31 Déc - 16:19

Je me pensais pourtant détendue ce jour-là. Sur le pont, je profitais de la tranquillité du moment. Bien que la solitude me pèse la plupart du temps, j'aimais parfois aussi être seule. Je réfléchissais et je me permettais quelques rêves. Inlassablement, le même revenait. Un enfant, je voulais un enfant, c'était tout ce qui comptait pour moi. Mais je me pensais vraiment détendue malgré tout ça. Mon esprit était en paix, je n'avais pas envie de tout envoyer balader, ou au contraire, de m'énerver contre le monde entier. Cependant, quand je vis ce jeune assis dans un coin entrain de dessiner sur son calepin, un sentiment étrange était né en moi. Je l'avais tout de suite identifié comme de l'outrance et, aussitôt, pensant que je m'indignais contre le dessinateur qui utilisait mon image contre mon gré, je m'étais transformée, telle une furie et m'était dirigée vers lui. Je n'avais pu me retenir dans mon élan, comme aimantée à cet inconnu. Les inconnus me laissent indifférente d'ordinaire bien que je sois sociable et sympathique. Pour qu'un sentiment émane de moi envers quelqu'un, il faut au moins qu'il fasse partir de mes connaissances. La seule exception est bien sûr les collègues de mon mari pour qui j'ai un dégoût et une haine avant même de les rencontrer. Ce n'est plus un préjugé. En effet, ce sentiment se confirme à chaque fois que je suis mêlée au monde des affaires. En plus, je me mets à penser aux affaires de mon mari alors que je hurle sur le pauvre garçon. Je ne lui laisse pas le temps d'en placer une et je m'excite, ne faisant même pas attention à ses réactions. Je crois que je suis ailleurs et que je déballe ce flot de parole comme un défoulement, un moyen d'extérioriser la pression accumulée ces derniers temps.

Enfin, je m'arrête, je trépigne presque et je lâche un grognement de frustration, me contenant dans mon explosion. Je reprends mon souffle, mes épaules montant et descendant au rythme de ma respiration trop vite pour que ce soit naturel. Cependant, je plonge mon regard dans le sien et je sens l'apaisement revenir. Je crois que c'est parce que j'ai un pouvoir sur moi-même et que je connais assez bien mon corps pour me contrôler mais c'est bien son regard qui a cet effet là sur moi. À cet instant, je suis incapable de m'en rendre compte. Finalement, un silence s'installe entre nous et je le lève légèrement les sourcils. Il est tout recroquevillé dans son coin et je remarque qu'il serre son calepin contre lui. Je ne vois que le cuir de sa couverture et ma curiosité grandit. Cependant, mon attention se reporte sur mon défouloir - le pauvre, je crois que ce terme le caractérise à merveille. Il balbutie des excuses, mais il semble si désolé et son air inoffensif me saisit. "Je suis désolé, Madame. En aucun cas je ne voulais vous offenser. Je… Je viens souvent ici. Dessiner. Je ne suis pas là pour autre chose…" Je fronce les sourcils. Moi aussi je viens souvent ici, pourtant, je ne l'y ai jamais vu avant. Bizarrement, je suis persuadée que je me serai souvenue de lui si je l'avais déjà croisé ici. Pourquoi reste t-il doux et gentil comme ça? Il a un problème ou quoi? Si je parle comme ça à Russell, je suis certaine de passer un sale quart d'heure, pour avoir essayer, je ne recommencerai pas. Je fronce les sourcils, et je reprends, sèchement. "Vous venez souvent ici? Moi aussi et je ne vous y ai jamais vu!" Je remets mon gant sans sortir ma main de mon manteau avant de croiser mes bras sur ma poitrine, une ride de colère se dessinant entre mes sourcils.

En parlant, mon regard s'est porté à nouveau sur son calepin. Je me mords la lèvre et regarde son propriétaire d'un air de celle qui a une idée pas très polie. Seulement, j'en ai marre d'être la femme parfaite et je veux répondre à mes désirs soudains, ceux qui peuvent trouver satisfaction dans l'immédiat et qui donne un peu de gaité à vos journées. Alors, furtivement, je me baisse et je lui arrache des mains son calepin. L'idée de connaître son talent est toujours présente et je savais qu'il refuserait de me montrer vu la façon qu'il a de tenir contre lui le support de ses créations. J'ai provoqué sa réaction et je souris largement en ouvrant le calepin en faisant un pas en arrière. Je tends le bras en l'air en arrière quand il essaie de me reprendre ce qui appartient. Je me moque de ce qu'il pense de moi. C'est un inconnu après tout, je me sens libre, je n'ai pas peur d'être jugée. Je ris en reculant encore et j'arrive à voir le portrait d'une femme que je ne connais pas. Je regarde le dessinateur un instant, intriguée, et interpelé par la beauté de cette femme et la façon dont elle est dessinée. Elle semble comblée d'un sentiment qui m'échappe, un sentiment pour lequel je suis incapable de poser les effets. ça doit être l'amour. Je ne connais pas l'amour, je ne sais pas l'identifier, le reconnaître ou même le ressentir. Je continue à tourner les pages du calepin, évitant toujours son propriétaire, ce qui me fait rire. J'ignore ses plaintes et ses remontrances, de toute façon, dans mon sens, c'est lui qui a tort et il me doit bien cela. Finalement, je reviens vers la rambarde en trouvant la page que je cherchais. J'arrête aussitôt de rire en me reconnaissant. Pourtant, j'ai l'impression que ce n'est pas moi. Je me trouve belle et triste. Alors que dans mon miroir, je me déteste et me mens en disant que je suis heureuse. Je prends un air plus grave et garde le calepin dans mes mains. Je ne résiste plus à ce qu'il le reprenne et je relève le visage vers lui. Je souris faiblement en le trouvant un peu trop près de moi pour n'être qu'un inconnu. Pourtant, je ne lui fais pas la remarque et les seules paroles que j'arrive à articuler sont: "Mais qui êtes-vous?" Je suis calme, ma voix est douce, presque absente. En effet, son talent me laisse sans voix. Pourtant, Gabriel me présente des artistes. Je n'ai jamais eu un tel coup de cœur. Je vois à travers ce dessin ce que je ressens vraiment en ce moment, j'ai le cœur lourd. Il a lu en moi comme un livre ouvert. Cependant, je suis trop novice pour me rendre compte que je ne vis pas seulement un coup de cœur artistique.
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Sam 31 Déc - 17:07

Pour quelqu'un de plutôt pacifiste et patient à la base, là pour tout vous dire, je commençais à en avoir marre. Qu'on me hurle dessus pour un rien, encore je peux le concevoir, mais qu'on me vole mon calepin, alors là non je ne suis pas d'accord. Pourtant, cette petite balade était simplement censée me relaxer, et pas m'énerver au plus haut point. Je m'étais juste assis sur mon banc, prêt à dessiner ce que je voyais devant moi quand ce fut elle que je me mit à dessiner. Ce que je voyais en face de moi, comme j'avais l'habitude de le faire. mais apparemment, ça ne lui avait pas pu, vu qu'elle était venue me taper un vrai scandale. Ce qui aurait eu le moyen de me faire rire à la base, si elle n'en devenait pas ridicule. Car il fallait l'avouer, elle était la seule à être scandalisée par le fait que je dessinais tranquillement. Ce n'était pas comme si j'allais lui demander de l'argent ! Je n'étais pas comme ça en tout cas. Je ne vendais pas mes œuvres, et encore moins celles que je conservais dans ce calepin. Ce calepin, c'était Carolyn qui me l'avait offert. Et il contenait beaucoup de dessins où elle en était la seule protagoniste. Jusqu'à son décès en tout cas. Ensuite, ce fut des oiseaux, une feuille tombée par terre et rougie par la rudesse de la saison automnale, ou encore simplement une silhouette, sans nom, ni visage. J'avais l'habitude de dessiner tout et n'importe quoi, que cela vienne de mon imagination ou de ce que j'avais en face de moi…

Mais cette fois, je l'avais dessinée elle, et elle l'avait mal pris. A quoi bon essayer de se justifier en plus de cela. Car je devais dire qu'elle me faisait peur comme ça, à me hurler dessus de cette façon. Je serrais donc mon calepin contre moi, alors que son grognement de frustration me fait froncer les sourcils, et que je m'excuse platement, en baissant les yeux. Je ne sais pas pourquoi je m'excuse en plus, vu que je ne faisais rien de mal. Mais il y avait quelque chose dans son regard, qui me perturbe. Et ce sentiment, cette envie de la prendre dans mes bras qui ressurgit, faisant accélérer les battements de mon cœur. On dirait que je suis revenu dix ans en arrière, quand j'ai rencontré ma femme en ce beau jour d'été. A cette pensée, je secoue la tête, son souvenir m'étant encore douloureux. Mais ce que je ne réalise pas, c'est que cette rencontre va bouleverser ma vie. Cependant, c'est sa voix qui me sort de mes pensées, me faisant relever le regard vers le sien, m'y plongeant à nouveau, envahi par ce sentiment à nouveau. "Vous venez souvent ici ? Moi aussi et je ne vous y ai jamais vu !" Alors là c'est la meilleure ! A sa remarque, je fronce les sourcils et lui répond, alors qu'elle croise ses bras sur sa poitrine. "Sauf votre respect, Madame, mais ce pont est vaste. Il est assez grand pour que ne nous soyons jamais croisés. Et je ne me trompe pas en vous regardant que vous n'êtes pas du quartier. Je viens ici pratiquement tous les jours, pour dessiner. Vous pouvez me croire, ou non. A vous de choisir…" Là, ça avait le mérite d'être clair. Non mais, ce n'était pas une fille riche qui allait me faire la morale…

Pourtant, je ne remarque pas que son regard s'est porté sur mon calepin, et qu'elle l'observe avec insistance. Ma prise finissant par se desserrer au fur et à mesure, elle finit par en profiter pour me l'arracher des mains, me prenant littéralement par surprise. Alors là non ! Elle peux m'engueuler si elle veux, mais personne ne touche à mon calepin ! "Rendez moi ça ! C'est privé !" Certes, je m'égosille pour rien mais qui sait, peut être qu'elle me le rendra. Et bah non, apparemment pas, parce qu'il faut que je me lève, et que j'essaye de le lui reprendre. Sans succès, la jeune femme tendant le bras en arrière pour m'empêcher de l'attraper. Je soupire, exaspéré. Je la suit, essayant désespérément de lui reprendre mon bien, en vain, alors qu'elle feuillette l'objet. Je ne sais pas sur quelles pages elle est tombée, mais ça ne me plaît pas du tout. "Non ! Rendez le moi !" J'ai beau crier, ça la fait rire. Mais qu'est ce que je lui ai fait bon sang ? Je finis par la suivre comme un toutou, essayant toujours de récupérer mon bien, celle ci finissant par retourner vers sa rambarde. Cette fois ci, elle tombe sur son portrait. Son rire s'efface, et je fronce les sourcils. Car en essayant de récupérer mon calepin, j'ai du m'approcher un peu trop, et je me retrouve à moitié sur elle, le bras tendu vers mon bien, son visage bien trop proche du mien. Enfin, elle finit par tourner la tête vers moi, et je peux sentir son souffle sur ma peau. Et son parfum également. Fruité et doux. Clignant des yeux, je met enfin la main sur mon calepin, le lui reprenant des mains en grognant presque, possessif au possible. Et pourtant, je suis comme ensorcelé, incapable de me redresser, respirant son parfum en gardant mes yeux plongés dans les siens. Sa voix, bien plus douce, me fera finalement réagir. "Mais qui êtes vous ?"

Ayant récupéré mon calepin, je me recule vivement, retournant m'asseoir sur mon banc. Je garde la tête baissé, comme gêné par sa question, qui est pourtant banale. Secouant la tête je soupire, remarquant qu'elle m'a suivie, et a fini par s'asseoir à mon côté sur ce banc miteux. On aurait pu croire que je me cache, mais ce n'est pas vraiment le cas. Je suis juste perdu, c'est tout. Comment ça se fait qu'une inconnue me fait un tel effet ? Alors là, c'est une bonne question. Mais je finis par réagir de la seule façon que je connais. "En quoi ça peux vous intéresser ? Vous ne me connaissez pas… Je ne vous connais pas… Et pourtant…" Ma voix s'efface, et je soupire à nouveau. Je n'en reviens pas, mais les mots qui arrivent finisse par sortir. "Pourquoi êtes vous triste comme ça ? Il doit bien avoir une raison non ? Vous ne m'auriez pas attaqué de cette façon pour un malheureux portrait sinon…" Je sais que j'ai raison. Sa réaction, pouvant être légitime pour certains, n'en était qu'injustifiée. Ma question cependant, en soulevait beaucoup d'autres, et pas seulement sur sa réaction à elle, mais sur la mienne également. Comment pouvais-je savoir que telle une furie, la jeune femme que j'avais à mes côtés venait de me voler mon cœur…
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Sam 31 Déc - 17:54

La vie est étrange parfois. On passe quatorze ans à venir régulièrement quelque part, c'est devenu une habitude, certainement aussi l'habitude d'autres personnes, et on se demande comment cela se fait-il qu'on ne les croise jamais. La vie de chacun est différente, personne ne vit les mêmes épreuves mais les années ont beau passé, on continue à aller à cet endroit qui nous apaise. Ce lieu dont je parle, c'est le pont de Brooklyn. Encore une fois, c'est là que j'ai choisi d'aller pour m'évader et rêver un peu d'une vie différente que celle que j'ai. C'est certainement parce qu'en fixant l'horizon, j'ai l'impression d'avoir accès au monde entier, la liberté que je ressens est plaisante et je rêve d'obtenir la même dans mon quotidien. Peut-être que ce lieu permet à celui que j'ai rencontré aujourd'hui de trouver l'inspiration, comme moi j'invente des scènes qui pourraient se passer dans une vie meilleure. Quoi qu'il en soit, il m'affirme venir souvent sur ce pont, son visage ne me dit rien. Pourquoi faut-il que ce soit sur le point imminent de tristesse de ma vie que je croise sa route? Certains mystères restent sans réponse et sur le moment, j'étais loin de m'imaginer tout ce qui arriverait par la suite. "Sauf votre respect, Madame, mais ce pont est vaste. Il est assez grand pour que ne nous soyons jamais croisés. Et je ne me trompe pas en vous regardant que vous n'êtes pas du quartier. Je viens ici pratiquement tous les jours, pour dessiner. Vous pouvez me croire, ou non. A vous de choisir…" Je reste sceptique, mais mes pensées sont ailleurs. Son calepin attire mon oeil et, déjà, je m'en empare. Je fais non de la tête et me recule à ses plaintes; "Rendez moi ça ! C'est privé !" J'insiste, je ne l'écoute pas. J'ai envie de m'amuser de lui un peu. Il ne me connait pas, je ne le connais pas non plus. C'est parfait, je me peux m'autoriser quelques écarts, sortir de 'la norme' et de l'éducation que l'on m'a toujours imposée.

Je découvre ses dessins d'une qualité rare et je lui jette un oeil, n'en revenant de voir qu'un garçon si... ordinaire est capable de tels exploits. Je le regarde tour à tour, mes yeux faisant la navette entre le dessinateur et ses dessins. Je fais la sourde, je ris à nouveau à sa requête; "Non ! Rendez le moi !" Je me calme, j'ai rejoins la rambarde. Je deviens pensive en reconnaissant mon portrait et mon air léger disparait. Il devient grave et je comprends qu'à travers quelques coups de pastel, ma tristesse est frappante. Ma vie est triste, sans but. Pour le coup, je lui laisse reprendre son calepin sans résister. Je souffle quelques mots mais n'insiste pas alors qu'il ne répond pas à ma question. Il tourne les talons et revient s'asseoir sur son banc qui ne paie pas de mine. Machinalement, je ne réfléchis pas, je le rejoins, je m'assois sur ce même banc, je croise les jambes et appuie mon dos au dossier en soupirant. Je fixe l'horizon, mais surtout, j'évite son regard qui me perturbe. Finalement, je souris et tourne la tête vers lui quand il reprend la parole. "En quoi ça peux vous intéresser ? Vous ne me connaissez pas… Je ne vous connais pas… Et pourtant…" Je fronce les sourcils. Et pourtant, quoi? Il m'intrigue et j'ai envie qu'il réponde à ma question. J'ai envie de savoir qui il est, bien que la question soit vaste et le choix de réponse tout aussi large. Je soupire et je le regarde toujours, sans le fixer précisément cependant parce que je ne veux pas que nos regards se croisent trop longtemps.

"Pourquoi êtes vous triste comme ça ? Il doit bien avoir une raison non ? Vous ne m'auriez pas attaqué de cette façon pour un malheureux portrait sinon…" Je fronce les sourcils et je baisse les yeux en faisant non de la tête, piégée. Mais je redresse la tête et mon dos, et je réponds, sur un ton sans appel; le ton de ma voix est sûr alors qu'au fond de moi, je suis à fleur de peau. "Triste? Vous êtes artiste. Vous donnez un sens à ce que vous dessinez. Vous leur inventez une histoire. Je me trompe? Je pourrais savoir ce que vous avez imaginé, comme histoire, pour moi? Lorsque vous m'avez dessinée. Et puis, pourquoi est-ce que... Oh, sans vouloir être prétentieuse, ce n'est pas ma nature mais... Qu'est-ce qui a fait que je vous ai inspiré?" Je lui souris doucement, avant de rire doucement. "Et ce n'est pas pour ça que je cautionne, non non!" Je souris toujours et soupire en fixant à nouveau l'horizon. Je veux vraiment en savoir plus sur lui et je me mords la lèvre discrètement, réfléchissant aux possibilités. Je le regarde du coin de l'oeil. Il est habillé simplement, mais avec goût. Il est doué de ses mains puisqu'il dessine. Il vit dans le quartier vu ce qu'il a dit plus tôt. Il n'est pas aisé. Je parie qu'il fait partie de la classe ouvrière, ces gens qui ne se prennent pas la tête et qui profitent des côtés glorieux de notre époque. À cette pensée je tourne brusquement la tête vers lui. Je repense à ses paroles, j'entends une seconde fois sa voix dans ma tête. Son accent est différent des autres.

Je sais qu'il va falloir que je parle un peu de moi si je veux en apprendre sur lui, alors je me lance, je lui tends la main droite en guise de salut conventionnel. "Enchantée, je m'appelle Rose. Enfin, Rosemary. Mais c'est Rose. Je vis sur la cinquième avenue mais je préfère venir ici ou fouiner dans les cinémas ou librairies. Mais je ne suis pas new-yorkaise. Je suis européenne. J'ai vécu à Berlin toute mon enfance." Je fronce les sourcils à mes propres paroles et je souris en coin en baissant les yeux. Russell. Oh, en me présentant, j'ai oublié de parler de mon mariage. Je n'en ai pas envie, et je ne l'ajoute pas. À la place, je souris à mon interlocuteur, l'air ravi, sans raison apparente. Je garde sa main dans la mienne qui est gantée quand il me la serre. ça non plus, je ne m'en rends pas compte et je reste comme ça, alors que j'ajoute, en souriant. "Vous avez un sacré accent. Oh, charmant, ce n'est pas un reproche. Latin, votre accent. Italien? Oh non, votre accent chante, mais pas comme l'italien. Français peut-être?" Je ris doucement. J'aime la culture, les langues. J'aimerais voyager. En Europe notamment. Je me mords la lèvre en remarquant nos mains et je lui libère enfin la sienne. Je lui dis, des rires dans la voix. "Désolée, je m'amuse de vous..." Je souris toujours et j'oublie ma tristesse et mes peurs le temps de la discussion.
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Sam 31 Déc - 20:15

Le hasard fait bien les choses parfois. Qui aurait cru qu'après tout ce temps à venir sur ce pont, je ne l'avais jamais vue auparavant. Et selon elle, elle venait souvent également. Pourtant, ses vêtements me hurlait le contraire. C'était clair qu'elle n'était pas de Brooklyn. Elle avait plus l'air d'une star de cinéma plutôt qu'autre chose. Ses cheveux bien coiffés, ses mains gantées, et sa façon de se tenir montrait bien qu'elle ne vivait pas dans le coin. Comparé à moi en tout cas, la différence était tout simplement frappante. Mais elle était là, à jouer avec moi en me volant mon calepin. Ce petit carnet ou est enfoui toute les œuvres les plus importantes pour moi. Ou du moins, j'y dessine ce qui est frappant de réalité. En la voyant là, j'ai eu ce besoin de la dessiner. De mettre sur papier sa posture, et cette tristesse que je voyais transparaître de ses traits. Tristesse qui malgré ses rires, restait bien enfouie, cachée sous cette assurance qu'elle se donnait. Mais ce qui devait arriver arriva, et elle peux enfin observer mes dessins. Ce qui me rend encore plus fou, sachant que j'ai en horreur qu'on regarde ce que je fais. Tout simplement parce que je n'aime pas qu'on juge mon travail. Finalement, après maintes et maintes efforts, j'arrive à récupérer mon bien, mais me retrouve en fâcheuse position. Elle a trouvé son portrait, et son air léger et joyeux a disparu de son visage. mais le pire, c'est ce rapprochement entre nous. Son visage, à seulement quelques centimètres du mien, mon regard plongé dans le sien. Mon cœur rate un battement, avant que je ne finisse par me reculer, un peu vivement certes, pour échapper de nouveau à ce sentiment qui s'est emparé de moi, et retourne m'installer sur mon banc. Dans quel pétrin je me suis encore fourré bon sang !

Je sais aussi que j'aurais du répondre à sa question, mais je n'y arrive pas, préférant l'éluder et me rebiffer. C'est tout moi de toute façon, incapable de répondre à une question sans en faire tout un tas. Elle a finit par s'asseoir à côté de moi, son regard fixant l'horizon, ses jambes croisées. La tête baissée, je ne remarque pas son expression avant de relever le regard dans sa direction, et de lui poser une question tout à fait différente. Elle fronce les sourcils et baisse les yeux en secouant la tête. Mon regard lui, ne la quitte pas, attendant sa réponse qui ne tarde pas. "Triste ? Vous êtes un artiste. Vous donnez un sens à ce que vous dessinez. Vous leur inventez une histoire. Je me trompe ? Je pourrais savoir ce que vous avez imaginé, comme histoire, pour moi ? Lorsque vous m'avez dessinée. Et puis, pourquoi est-ce que… Oh sans vouloir être prétentieuse, ce n'est pas ma nature mais… Qu'est ce qui a fait que je vous ai inspiré ?" Elle me sourit avant de se mettre à rire, et je ne peux que lui rendre un sourire timide. Peu à peu, je sens bien que quelque chose change en moi. Pourtant, elle continue, sur le même ton. "Et ce n'est pas pour ça que je cautionne, non non !" Cette fois, c'est à moi de sourire. Les femmes sont vraiment étranges parfois. Mais je ne peux la quitter des yeux, et je me dis qu'il sera bien que je lui réponde, franchement cette fois. Je soupire longuement, avant de prendre la parole. "Je dessine seulement ce que je vois en face de moi. Ce ne sont que des croquis, ce n'est pas comme si je devais recréer une ambiance autour. Je vous ai juste vue là, et j'ai… Je vous ai juste dessinée. C'est tout… Après, je suis désolé si cela vous a offensé, ce n'était vraiment pas mon intention. C'est comme un déclic. Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer. Je vous ai juste vue accoudée à la rambarde, vous aviez l'air si triste, comme si quelque chose vous manquait. Comme si vous cherchiez à vous échapper d'une vie qui n'est pas la vôtre. Et je vous ai dessinée. C'est tout…"

Peut être que c'était sa façon d'être si familière avec moi, ou alors ce sentiment de la connaître depuis tellement longtemps qui me poussa à lui répondre aussi franchement. Je ne sais pas vraiment. Elle finit par tourner la tête vers moi, et me tend sa main gantée, que je finis par serrer dans la mienne, alors qu'elle se présente enfin. "Enchantée, je m'appelle Rose. Enfin, Rosemary. Mais c'est Rose. Je vis sur la cinquième avenu miasme préfère venir ici ou fouiner dans les cinémas ou librairies. Mais je ne suis pas new-yorkaise. Je suis européenne. J'ai vécu à Berlin toute mon enfance." Une allemande ! Je souris, étant moi même européen. Souriant, je remarque qu'elle n'a toujours pas lâché ma main. "Enchanté de vous connaître Rose, si je peux vous appeler comme ça. Je m'appelle Noah." Je n'ai à peine le temps de répondre que déjà, elle reprend la parole. "Vous avez un sacré accent. Oh, charmant, ce n'est pas un reproche. Latin, votre accent. Italien ? Oh non, votre accent chante, mais pas comme l'italien. Français peut être ?" Elle se met à rire, et je fais pareil, sa main libérant enfin la mienne que je repose sur ma cuisse en la regardant doucement. "Désolée, je m'amuse de vous…" Bavarde en plus. Venant de la 5e avenue. A croire que j'avais raison sur ses origines. Je secoue la tête, lui souriant toujours. "Je suis né à Paris oui. Mais je suis arrivé ici il y a près de quinze ans." Je ne suis pas bavard pour ma part, et je m'arrête là, me mordant la lèvre. Une idée me traverse l'esprit à cet instant, mais je ne sais pas comment lui proposer. Après tout, qui aurait envie de sortir avec quelqu'un qui ne fait pas parti de sa classe sociale ? Quoi que, Carolyn l'avait bien fait. Soupirant longuement, je prends mon courage à deux mains et lui fait ma proposition. "Ecoutez, pour me faire pardonner ma maladresse et mon impolitesse, je peux, si vous le voulez bien, vous offrir un verre. Je me doute que vous n'avez pas l'habitude de sortir avec des hommes comme moi, mais qui ne tente rien n'a rien… Et si vous voulez, je vous laisserais garder le portrait que j'ai dessiné." Levant le regard vers elle, je lui souris, sachant que je suis un peu maladroit dans ma demande. En espérant qu'elle ne me prenne pas pour un idiot et qu'elle ne m'en mette pas une…
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Lun 2 Jan - 21:24

Son dessin avait fait naître en moi des sentiments étranges. Je me reconnais telle que j'étais vraiment. Son dessin était celle que je cachais, celle à qui je mentais chaque jour qui passait. Je l'avais suivi sur le banc, mes pas suivant les siens et je m'étais assise à côté de lui, laissant un espace qui aurait suffi à un enfant pour s'y assoir. Je souris toute seule, dans mes pensées, à cette comparaison. L'enfant que je désirais tant était source de mes pensées, continuellement, et même si j'avais été apaisé quelques jours grâce à Gabriel qui avait accepté de me faire cet enfant, je recommençais à m'impatienter. Cependant, je chasse cette idée parce que mon interlocuteur arrive à me faire sourire et à oublier ce qui me tracasse. Je lui demande pourquoi il a eu envie de me dessiner, ce qui a fait que j'ai capté son attention. "Je dessine seulement ce que je vois en face de moi. Ce ne sont que des croquis, ce n'est pas comme si je devais recréer une ambiance autour. Je vous ai juste vue là, et j'ai… Je vous ai juste dessinée. C'est tout… Après, je suis désolé si cela vous a offensé, ce n'était vraiment pas mon intention. C'est comme un déclic. Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer. Je vous ai juste vue accoudée à la rambarde, vous aviez l'air si triste, comme si quelque chose vous manquait. Comme si vous cherchiez à vous échapper d'une vie qui n'est pas la vôtre. Et je vous ai dessinée. C'est tout…" Je souris au début, avant de baisser les yeux à son observation. S'il me manque quelque chose, il ne peut pas imaginer. Je pose mes mains sur mes genoux et fixe à nouveau l'horizon la tête légèrement levée. Je ferme les yeux et je soupire, une fumée se créant devant ma bouche tant le froid s'est rafraîchi en cette fin de journée. Je ne relèverai pas parce qu'il m'a démasquée, quelque part, et je me sens vaincue.

Je préfère changer de sujet et je me présente. Après tout, j'ai bien le droit d'en apprendre un peu plus sur celui qui a pris le droit de me désigner comme modèle de sa création. Je donne mon prénom, préférant lui dire directement de me nommer par le surnom que mes amis emploient. Peut-être que j'ai envie d'un rapprochement entre nous, moi pourtant si distante d'habitude. Je ne comprends pas vraiment d'où me vient cet air enjoué. Quoi qu'il en soit, grâce à mon bavardage, j'obtiens enfin quelques informations sur lui. ]"Enchanté de vous connaître Rose, si je peux vous appeler comme ça. Je m'appelle Noah." Je hoche la tête d'un air enjoué et je finis par lui lâcher sa main, gênée. Je souris doucement et hoche à nouveau le menton en répondant: "Enchantée de vous connaître Noah. Vous devriez ne pas cacher vos dessins et les montrer fièrement à ceux qui vous servent de modèle plutôt que de prendre votre air sans défense en gardant contre vous votre carnet. C'est un petit chef d’œuvre que vous avez là." Je pointe du doigt son calepin qu'il a toujours dans les mains et je souris. Je n'ai pas l'habitude de faire des compliments, pourtant, je croise souvent des artistes que Gabriel ou encore Fred, mon ami d'enfance, me présentent. Noah a su toucher ma sensibilité et ça, je ne sais l'expliquer. Je remarque ensuite son accent et je m'amuse de ma nouvelle connaissance, jouant aux devinettes. Et il s'avère que j'ai raison. [quote=darkred]"Je suis né à Paris oui. Mais je suis arrivé ici il y a près de quinze ans."[/color] Je souris un peu plus et hoche la tête. Spontanément, sans réfléchir, je demande; "Ah oui ? Vous avez déménagé à cause des affaires de votre père vous aussi?" Je grimace, lui faisant sous-entendre que c'est ce que j'ai vécu et que je n'ai vraiment pas aimé ça. Je me mords la lèvre, je soupire, et je baisse les yeux en me raclant la gorge. "Non, désolée... ça ne me regarde pas. Je suis trop... spontanée." Je fronce les sourcils, me surprenant moi-même. Quel drôle de comportement j'adopte avec lui. Je lui souris, un silence que je trouve plutôt long s'installe entre nous. Gênée, je balance légèrement mes jambes comme une enfant, mes mains de chaque côté de mon postérieur, les bras collés à mes hanches.

J'évite son regard et je regarde devant moi, avant de tourner la tête vers lui, dès que j'entends sa voix, soulagée qu'il reprenne la parole. "Ecoutez, pour me faire pardonner ma maladresse et mon impolitesse, je peux, si vous le voulez bien, vous offrir un verre. Je me doute que vous n'avez pas l'habitude de sortir avec des hommes comme moi, mais qui ne tente rien n'a rien… Et si vous voulez, je vous laisserais garder le portrait que j'ai dessiné." Je souris au départ, content qu'il reconnaisse que j'avais raison de me comporter ainsi avec lui quelques minutes plus tôt, je n'aime pas avoir tort, c'est tout. Il marque un point mais je ne me laisserai jamais avoir comme ça, jamais! Je fronce les sourcils à sa proposition, mais je souris directement après. Je le laisse parler, de toute façon, il me laisse pas le temps d'en placer une, je trouve qu'il parle bien vite pour me délivrer autant d'informations en si peu de phrases. Il est nerveux? Moi aussi, et je ne sais pas pourquoi. Je souris largement, les mains sur mes cuisses à présent - j'ai la bougeotte je crois; "D'accord! Je veux dire... pour le verre, et pour le dessin aussi." Je me mords la lèvre discrètement et je baisse les yeux, repensant à ses paroles. Je relève la tête vers lui, curieuse, et demande; "Qu'est ce que vous entendez par "des hommes comme moi", vous ne m'avez pas beaucoup parlé de vous..." Je lui souris chaleureusement, l'encourageant à discuter. Je me surprends à m'intéresser à sa personne alors que les inconnus sont le cadet de mes soucis d'habitude. J'ai déjà assez d'angoisses pour moi-seule, je n'ai pas besoin de celles des autres. D'ailleurs je pense à Russell. Je sais qu'il n'est pas là la nuit du Réveillon. Je devais être seule. Je souris doucement et demande, naturellement; "Vous avez prévu quelque chose pour le Réveillon du premier de l'An?" Je me tourne vers lui et je souris, attendant sa réponse.

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Noah S. Gosselin
NOAH ϟ 'i will love you with all my heart'

☇ PRÉNOM : Maud / Snow White
☇ STAR : Joseph Gordon Levitt
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Mar 3 Jan - 2:08

Je ne savais pas pourquoi je me confiais comme ça avec une inconnue. Peut être qu'elle ne l'était pas vraiment. Je ressentais cette familiarité, comme si je la connaissais depuis des années. Même si ce n'était qu'un sentiment. Un de ces sentiments qu'on arrive pas à comprendre, ni à nommer d'ailleurs. Je ne pouvais pas ne pas répondre à sa question. Pourquoi je l'avais dessinée ? Qu'est ce que j'avais imaginé en la dessinant ? Tout un tas de choses. Pourtant, j'ai l'impression d'avoir touché un point sensible. Peut être qu'après tout, j'avais vu juste. Elle finit par fuir mon regard, reprenant son observation de l'horizon, pour finir par fermer les yeux. Elle soupire. Le temps s'est rafraichit apparemment. Pourtant, je ne ressent pas le froid, mon cou dépourvu d'écharpe. Je n'ai jamais vraiment eu froid. Malgré le froid, je continue de l'observer, alors qu'elle change de sujet, se présentant en m'offrant sa main. Souriant, je lui rend la pareille, serrant sa main gantée dans la mienne, qu'elle finira par lâcher au bout d'un moment. Si je n'avais pas été poli, je me serais mis à rire, vu qu'elle ne remarqua pas qu'elle serra ma main pendant un bon moment, avant de finalement lâcher prise. Son sourire retentit à nouveau, alors qu'elle reprend la parole. "Enchantée de vous connaître Noah. Vous devriez ne pas cacher vos dessins et les montrer fièrement à ceux qui vous servent de modèle plutôt que de prendre votre air sans défense en gardant contre vous votre carnet. C'est un petit chef d'œuvre que vous avez là." Je baisse les yeux, secouant la tête, gêné par ses paroles, mais je lui répond quand même, sans réfléchir. "Nah. Je ne suis pas un artiste. Je dessine juste pour moi même…" Et c'est vrai. C'est juste pour le plaisir, alors je ne vois pas pourquoi je ferais ça…

Et pourtant, mes lèvres finissent par bouger à nouveau, sans faire attention à ce que je dis. "Ma femme était la seule qui pouvait voir mes dessins. Mais c'est tout. Je ne compte pas les montrer. A qui que ce soit." Je me mord la lèvre, pour m'empêcher de continuer à déballer n'importe quoi. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens à l'aise avec Rose. La discussion continue dans la direction de mes origines, et poli, je réponds à ses questions, qui deviennent de plus en plus personnelles. "Ah oui ? Vous avez déménagé à cause des affaires de votre père vous aussi ?" Je souris à sa question, et à sa grimace, alors que gênée, Rose s'excuse de sa spontanéité. "Non, désolée… Ça ne me regarde pas. Je suis trop… Spontanée." Je rigole doucement, l'observant avant de secouer la tête. "Vous êtes curieuse oui. Mais ça ne me gène pas. Et non, mon père a reçu une belle opportunité ici, et nous a emmené avec lui. On va dire que la situation en France ne nous était pas vraiment favorable." Pas vraiment la peine de lui avouer directement qu'on avait fuit le pays à cause de nos origines. Je pense pas que ça l'intéresse en tout cas. Le silence finit par s'installer entre nous, et je l'observe du coin de l'œil, la voyant plus gênée et nerveuse qu'autre chose. Je finis par soupirer avant de me lancer, lui proposant de sortir un soir avec moi, pour me faire pardonner de l'avoir offensée. Ce qui était la moindre des choses, je devais l'avouer. Et puis, elle n'était pas si horrible que ça en fin de compte. Elle sourit, et je ne sais pas si c'est à ma proposition ou à autre chose qu'est dédié ce sourire. De toute façon, je suis certain qu'elle a remarqué que j'étais nerveux, vu la vitesse à laquelle je débite des paroles qui peuvent être assez obscures. Bravo Noah, tu es vraiment doué pour inviter une jolie femme à sortir…

Son sourire pourtant, aurait du me montrer que j'étais dans la bonne direction. "D'accord ! Je veux dire… Pour le verre, et pour le dessin aussi." Elle semble nerveuse elle aussi. Je lui rends son sourire, la laissant prendre son temps. "Qu'est ce que vous entendez par 'des hommes comme moi', vous ne m'avez pas beaucoup parlé de vous…" Je me met à rire à sa question, qui est un peu idiote je dois l'avouer. Je lui souris toujours, posant mon calepin sur mes jambes, avant de soupirer. "Je vous en prie. Vous m'avez bien regardé ? Je ne suis pas vraiment le type d'homme que vous fréquentez non ? Surtout si vous vivez sur la cinquième avenue… Je suis un charpentier, pas un homme d'affaire riche à millions…" Bon, je suis peut être pas très sympathique, mais c'est la vérité. Je suis certain qu'elle n'est jamais allée boire un verre avec un artisan. Pourtant, elle ne semble pas plus perturbée que cela par ma réponse, alors qu'elle reprend avec un sourire, en se tournant vers moi. "Vous avez prévu quelque chose pour le Réveillon du premier de l'An ?" Je souris un peu plus, sa proposition me ravissant. Peut être un peu plus que ça n'aurait du même. Mais je ne peux pas m'empêcher de sourire, avant de hocher la tête. "Je serais ravi de vous emmener quelque part pour le Réveillon. Je connais un endroit parfait pour s'amuser et passer une bonne soirée…" Et ça encore, c'est vrai. Même si je ne la connais pas, et que je ne sais pas du tout ce qu'elle aime faire, ou même où elle sort pour s'amuser, je suis curieux de savoir. "Mais et vous dans tout ça ? Parce que vous me posez tout un tas de questions, mais je ne sais rien de vous… Vous hurlez souvent sur les passants comme ça ? C'est un hobby ?" Et je me met à rire, amusé par ma bêtise. Parce que oui, c'est une bêtise ce que je dis là. Mais je ne peux juste pas m'en empêcher, tellement je me sens bien en sa compagnie…
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MessageSujet: Re: noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.   Dim 8 Jan - 15:06

Noah me touche en plein cœur. Tout du moins, ses dessins. Je suis saisie par sa faculté à avoir lu en moi si facilement et je ne le montre surtout pas mais je suis touchée par le fait qu'il l'ait remarqué et que lui aussi ait été touché par mon sentiment. C'est comme si on se comprenait sans se parler. Ce sentiment de familiarité me dérangerait mais plutôt que de fuir - comme on fuit ce que nous n'aimons pas, je chercher à m'y confronter davantage. C'est pour cette raison que je suis restée sur le pont au lieu de partir après avoir incendié le pauvre dessinateur qui se vidait sûrement la tête à travers sa passion. C'était ce que je faisais quand je peignais. Mes pinceaux et mes chevalets étaient empilés dans le placard au fond de la maison, dans une pièce que Russell avait fermé à clé récemment comme si je devais oublier à jamais ce qu'elle y renfermait: mon passé. C'était comme si je devais renoncer à tout pour lui et ne plus jamais vivre pour moi-même. Un sentiment de révolte envers mon mari naissait chaque jour un peu plus en moi. Je prenais confiance en moi dans les bras de Gabriel mais je me sentais triste. Je n'étais pas amoureuse de Gabriel. Il me manquait ce sentiment introuvable, je me sentais monstre. À cet instant, je ne me détestais pas. Je ne pensais pas à ce qui me gênait en moi et je m'intéressais au talent artistique de ma nouvelle connaissance. "Nah. Je ne suis pas un artiste. Je dessine juste pour moi même…" Je souris mais fais non de la tête. Je ne démordrais pas. Son talent est indiscutable, je n'ai jamais vu un tel chef d’œuvre au fusain. Il me fit comprendre que c'est un moyen d'expression et qu'il ne souhaite pas le faire partager. Serai-je une privilégiée? Ses quelques paroles, bien que soulevant ma curiosité confirmèrent ma question. "Ma femme était la seule qui pouvait voir mes dessins. Mais c'est tout. Je ne compte pas les montrer. A qui que ce soit." Je fronce les sourcils en plongeant mon regard dans le sien. Je ne pose aucune question mais ses paroles au passé m'interpellent. Je baisse les yeux sur sa main gauche, discrètement. Je fronce légèrement les sourcils, envahie d'un sentiment étrange en voyant son alliance. Un homme marié, cette idée ne m'était pas venue à l'esprit, je ne savais pas pourquoi. J'étais bien mariée moi pourtant, alors pourquoi est-ce que je lui en voudrais s'il l'était ? Ridicule. C'était comme si j'étais en train de fonder mes désirs de sentiments sur lui alors que je ne le connaissais pas. Je ne pose plus aucune question et son évocation au passé de sa femme me laisse envisager une séparation... seulement il porte l'alliance. Soit il ne s'en remet pas, soit ils ne sont pas à l'origine de leur séparation mais le destin les a séparés. J'ai envie de le connaître davantage, apprendre ce qu'il a vécu dans le passé, comme si je pouvais trouver quelqu'un qui partagerait une douleur du passé comme moi je vivais.

Je suis soulagée quand il reprend la parole, je réponds à ses questions mais je reste brève parce qu'il m'intrigue toujours. Je ne tarde pas à m'en vouloir et je ris à sa réponse sympathique. "Vous êtes curieuse oui. Mais ça ne me gène pas. Et non, mon père a reçu une belle opportunité ici, et nous a emmené avec lui. On va dire que la situation en France ne nous était pas vraiment favorable." Je fais oui de la tête, connaissant la situation en France. Sur le moment, je pense qu'il parle de la reconstruction du pays après la guerre. Malgré la victoire, les dégâts sont considérables en Europe, même pour les alliés vainqueurs. Je le trouve intéressant et je n'ai plus envie de partir d'ici. Je me sens bien en sa compagnie et sa question de m'inviter à se revoir me semble presque naturelle. Cependant, je suis surprise parce que je ne m'y attendais pas. Je pensais qu'il me verrait comme une de ses filles riches maniérées de la Cinquième Avenue. Apparemment même la vie de luxe que je menais ne m'avait pas fait devenir comme cela. Dieu merci. Cependant, il a bien des clichés, mais je souris en coin en le regardant quand il s'explique. "Je vous en prie. Vous m'avez bien regardé ? Je ne suis pas vraiment le type d'homme que vous fréquentez non ? Surtout si vous vivez sur la cinquième avenue… Je suis un charpentier, pas un homme d'affaire riche à millions…" Je me mets à rire de bon cœur, la tête vers le ciel. Je fais non de la tête et je me mords la lèvre en répondant. "Si vous saviez le nombre de paires de claques qui se perdent sur la Cinquième Avenue... Vous n'avez rien à leur envier. Ma vie n'est pas vraiment celle que je désire; si ça ne tenait qu'à moi..." je souris faiblement, et je baisse les yeux en soupirant. Je préfère changer de sujet, je lui demande si nous pouvons nous voir pour le Réveillon. Je suis certaine d'être libre ce soir-là, et ainsi, je n'aurai pas besoin de parler de mon mari. "Je serais ravi de vous emmener quelque part pour le Réveillon. Je connais un endroit parfait pour s'amuser et passer une bonne soirée…" Je souris largement et fais un grand signe positif de la tête. J'ai besoin de m'amuser et j'espère savoir faire finalement... je ne sais pas si l'amusement s'apprend, en fait. Il me griffonne une adresse sur un bout de papier et je le range précieusement dans mon petit sac à main. Ce petit bout de papier prend une valeur précieuse, je ne sais pas expliquer pourquoi. J'ai envie de revoir Noah en tout cas, j'ai hâte de le connaître un peu plus. Visiblement, lui aussi. "Mais et vous dans tout ça ? Parce que vous me posez tout un tas de questions, mais je ne sais rien de vous… Vous hurlez souvent sur les passants comme ça ? C'est un hobby ?" Je ris à nouveau et fais non de la tête avant de répondre, des rires dans la voix. "Je suis désolée. Non, je suis plutôt... calme je crois, d'habitude. Mais je ne suis pas désolée que ce soit tombée sur vous..." Je ris doucement, laissant planer le doute d'un sous-entendu ou non. Je regarde l'heure et je soupire. La nuit commence à tomber, je préfère rentrer en avance plutôt que de tomber nez à nez avec mon mari devant l'entrée de notre maison. Je me lève et je lui tends chaleureusement ma main. Nous nous serrons la main et je le regarde dansles yeux gentiment. "Rendez-vous pour la nouvelle année alors Noah. Je suis ravie de t'avoir rencontré." Naturellement, je le tutoie. J'ai envie de franchir cette barrière qu'impose le vouvoiement. Je lâche enfin lentement sa main et je tourne les talons sans me retourner une seule fois mais son image ne quitte plus mon esprit pourtant...

FIN.
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noah&rose ; la tristesse, dessinée sur une feuille de papier.

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