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[R&C] When My Sugar Walks Down the Street

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Raymond Adamski
ADMIN ♛ Rayski, whatever you want.

☇ PRÉNOM : lucie
☇ STAR : Eddie Redmayne
☇ CRÉDIT : Ginger's Spleen
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MessageSujet: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Lun 26 Déc - 17:00



When My Sugar Walks Down the Street

Bienvenue dans le merveilleux sujet de Raymond Adamski qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire Cecily Setton. Actuellement ils font un sujet libre. N’est ce pas merveilleux ? L’histoire se déroule le au début du mois de janvier 1924 à 10h, dans les rues du Bronx alors que la météo est clémente A présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : Même quand il ne veut pas tromper, Raymond trompe. Cecily l'a pris pour quelqu'un d'influent dans le milieu du cinéma, et lorsqu'il lui a proposé sur n coup de tête une virée dans le Bronx, elle a suivi, prête à tout pour retrouver son rêve et se lier aux gens qu'il faut. Pauvrette Oh, le titre ? C'est une chanson de jazz de 1924, bien sûr héhé

crédit © tumblr
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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Lun 26 Déc - 17:40


« Si l'on se retrouvait demain pour affronter le Bronx, histoire de planter le décor de l'histoire que vous me raconterez ? » Amusant, la vitesse avec laquelle elle avait décidé. Elle avait du réfléchir pourtant, rapidement peser le pour et le contre. Mais passer la matinée avec un type influent pour sa carrière, cela l'emportait sur les dangers de passer la matinée avec un inconnu dans le Bronx. À voir comment elle se débrouillerait avec le fait de passer sa matinée au bras d'un menteur. Influent dans le milieu du cinéma. Faribole à sa sauce. Voilà que soudain, un nouveau personnage intéressant se proposait à lui. Oui, il serait le fils d'un producteur, anonyme, dans l'ombre, ne tenant pas à rappeler à tout un chacun cette particularité, mais particulièrement influent évidemment. Et en étant fils de, il n'avait pas besoin d'en connaître trop sur le cinéma. Parfait. Il l'avait entendu cinq minutes au lieu de rendez-vous convenu. Elle était arrivée sans qu'il puisse deviner si elle était venue à pied ou à bicyclette, il lui avait pris le bras et en quelques pas, ils étaient au coeur d'un New-York absolument différent. Elle allait voir ce qu'elle avait voir, l'anglaise. Ray, car Ray il serait aujourd'hui, tout simplement, était fermement décidé à s'amuser. Quelle ponctualité, Cecily. Je peux vous appeler Cecily ? Ouh, l'impertinent. Mais un rien d'impertinence avait 90% de chances de gagner sur une femme de son acabit, il en était certain. Et jouer sans risques ne valait pas le coup, en aucun cas. Il la regarda en coin, l'invitant à le suivre. Après tout, il était prêt à parier plutôt cher qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans le Bronx, donc il servirait de guide, et à elle de se conformer à ce qu'elle disait. Décidément, être un personnage influent ne manquait pas de piment. Petit à petit, il commença à dérouler le conte de sa nouvelle vie. Le Bronx n'est certainement pas un coin pour vous. Ni pour moi en réalité. Mais je me souviens de mon père m'y expliquant le futur du cinéma, là, dans ces rues. Ca avait une telle force, que je ne cesse d'y repenser en passant par ici. Un temps. Ray se perd dans des souvenirs qu'il n'a pas. Son père qui croit en l'avenir du cinéma, qui passe des soirées à boire du whiskey et à parler de scénarios, sa mère qui retombe amoureuse chaque soir de cette homme génial mais qui dépérit à passer la vie près des fourneaux. Jusqu'au jour où son père rencontre du succès, où Ray est subitement introduit dans un monde jeune, riche et dynamique qu'il ne va plus jamais quitter, constamment dans l'ombre de son père. Toute une histoire, qu'il s'approprie soudain, devenant ce personnage que Cecily a voulu rencontrer. Et vous alors, votre histoire ? Vous venez d'Angleterre c'est ça ? Devant eux s'étalaient de bien sombres paysages, qui commençaient à trancher singulièrement avec les vues de New-York auquel il était habitué. En réalité, il n'était allé que trois fois de ce côté-là, et c'était pour des affaires de mafieux qui devaient se faire à l'écart de police. Les rues étaient plus étroites qu'à New-York, les bâtiments plus sales aussi et, phénomène étrange, des rues entièrement vides succédaient à des places bondées de gens. Comme si n'être qu'à deux dans un pareil endroit était une rareté dangereuse. Ray se demanda dans quoi il l'avait embarqué, et sourit. Au bout de la rue, droit devant eux, se tenait un groupe de jeunes gens habillés de noir et de marron, fumant des cigarettes et parlant à voix basse. Leurs cheveux en bataille horrifia Ray si élégamment coiffé mais fit sourire Raymond l'ouvreur de cinéma, qui se sentait une certaine proximité avec ces jeunes là. Seulement, tout en costume et une femme à bijoux à son bras, il était plutôt une proie qu'un camarade, et prit soin d'orienter Cecily vers un autre endroit, ne sachant si elles les avaient repéré et ce qu'elle pouvait bien penser de cette promenade inhabituelle. Il la regarde. Oui, c'est une actrice, de toutes évidences. Ses yeux mobiles et rieurs qui peuvent dire tant et tant, ses longs cils capables sûrement d'abattre plusieurs hommes, et cette démarche souple qui fait imaginer tant de choses. L'actrice de toujours et le comédien de partout.
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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Mer 28 Déc - 18:57


©Shiya


Cecily Setton ... Après un dernier regard au miroir et un dernier soupir d'actrice, je me décidai enfin à partir. J'avais passé la fin de la nuit à m'apprêter, j'avais une robe dans les tons roses pâles, sur lequel j'avais passé un long manteau avec de la fourrure par-ci, par-là. J'étais aussi belle, aussi séduisante que quand j'étais encore en au sommet de ma carrière. Ma poitrine se souleva lourdement après l'évocation de ce souvenir ... C'était encore et toujours douloureux d'y penser, l'anonymat me pesait tellement... Je me jetai un regard sévère dans le miroir, et me forçai à sourire. J'allais retrouver dans quelques instants un jeune homme qui pourrait remettre ma carrière sur pied, je trépignai d'impatience !
Je me décidai enfin à sortir, et hélai un taxi, quelle idée avais-je eu de donner rendez-vous à ce jeune homme dans le Bronx ? Je montai dans le taxi et donnai l'adresse au chauffeur. Le Bronx ... Ce borough considéré comme mal famé, mais quartier totalement fascinant pour une anglaise comme moi. Le taxi s'arrêta au coin de la rue où j'avais rendez-vous, je payai le chauffeur et sortai. Je sortis mon paquet de cigarettes et en allumais une, j'aspirais une bouffée de tabac puis l'expirais en douceur. Je tournai au coin de la rue et vit le jeune homme. Un sourire éclaira mes lèvres tandis que j'avançais vers lui, j'haussai légèrement un sourcil charmeur. Je me souvenais encore de comment je l'avais rencontré alors que j'allais au cinéma, je l'avais pris pour un vulgaire ouvreur, puis devant son élégant costume, j'avais compris qu'il était bien plus que cela !
Il me prit le bras et nous marchâmes quelques instants, puis il me déclara : Quelle ponctualité, Cecily. Je peux vous appeler Cecily ?
Un brin d'impertinence comme je l'appréciais, ce garçon était si charismatique et puissant ! à mon goût ...
- Je ne désirais pas vous faire attendre ! Appelez moi donc Cecily, je vous en prie. Et moi donc, comme dois-je vous appeler ?

Je n'avais jamais mis les pieds dans le Bronx, ce n'était pas le quartier de New York que j'affectionnais le plus (malgré son étrange fascination) je préférais nettement Manhattan avec Broadway, l'endroit où je préférais être...
Pendant que nous marchions, que je le suivais, il me racontait son enfance avec son père grand producteur de film Le Bronx n'est certainement pas un coin pour vous. Ni pour moi en réalité. Mais je me souviens de mon père m'y expliquant le futur du cinéma, là, dans ces rues. Ca avait une telle force, que je ne cesse d'y repenser en passant par ici. Je tournai la tête vers lui et l'observai pendant qu'il me dévoilait son enfance. Je ne pus m'empêcher de répondre en songeant à la mienne : ah effectivement, je n'avais jamais posé le pied dans le Bronx auparavant, si qui fait donc que je ne peux que vous suivre aveuglément ! elle eut un sourire en coin puis continua Mes parents à moi se souciaient plus de savoir si j'avais une chance de devenir célèbre plutôt que de me faire visiter des endroits intéressants ...
Je fumais toujours ma cigarette, aspirant et expirant le tabac, me sentant confiante... J'en proposais une à mon partenaire.
Les différences entre le Bronx et les autres boroughs devenaient de plus en plus évidentes, les bâtiments, les personnes que nous croisions, même le temps semblait plus gris ici. J'avançais la tête haute, méprisant les rustres que nous voyions, j'étais anglaise, j'avais la grâce britannique et je l'affichais.
J'étais réveillée de mes pensées par une question qu'il me posa : Et vous alors, votre histoire ? Vous venez d'Angleterre c'est ça ?
mon histoire est bien simple, mes parents ont désiré dès mon enfance que je sois connue, que j'ai un bel avenir. J'ai obtenu un petit rôle qui m'a ouvert des portes dont j'ai profité. J'enchaînais film sur film, devenant une certaine icône en Angleterre... Puis je ne sais pas, trop de notoriété ... et surtout une trop grosse humiliation ! J'eus une hésitation, je ne savais pas si je devais lui révéler également ce point, j'étais encore trop ... bouleversée sans doute ... mais cette hésitation, ce secret fut perceptible dans ma voix, je ne désirais pas le cacher, mais j'hésitais à lui révéler... et j'ai voulu faire une pause à New York et pourquoi pas, redémarrer une carrière ici ! je ponctuai cette dernière phrase d'un sourire radieux. Cecily Setton ... J'étais une actrice, c'était ce que j'aimais...


j'espere que tu aimes, si il y a le moindre soucis, n'hesite pas ! ma boîte à MP t'es ouverte ! bril
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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Dim 19 Fév - 14:04

Miss Setton faisait la dédaigneuse sur les rues traversées, et Ray, par mimétisme, affichait une moue rieuse. Plus le temps passait, plus il se fondait dans son personnage, n’ayant presque plus conscience qu’il roulait bel et bien la belle Anglaise dans la farine. Sûre d’elle pourtant, altière dans son costume d’une élégance indéniable, elle déroulait son histoire avec une honnêteté déroutante. Et c’était comme un film qu’on projetait soudain à Ray. L’enfant blonde, faisant des ravages auprès des adultes au cœur tendre, grandissant sous le feu des projecteurs, faisant la couverture des magazines spécialisés, puis des magazines tout courts. Trop de notoriété ? Tiens, cela ne collait pas. Elle jouait peut-être divinement devant une caméra, mais garder un secret ne semblait pas son fort. Pourquoi redémarrer à New-York, alors qu’il était évident qu’elle appréciait l’Angleterre ? La simple façon dont elle se tenait la trahissait : son cœur était encore de l’autre côté de l’Atlantique, une partie du moins. Pourquoi recommencer ici ? Il aurait bien posé la question de but en blanc, mais Ray n’était pas comme ça. Intelligent, respectueux, poli, tel était le fils du célèbre producteur de cinéma. Il ne fit qu’hausser un sourcil surpris, et s’arrêta quelques instants pour allumer la cigarette qu’elle lui avait offerte. Perdue dans son récit, elle l’avait volontiers suivi, et il avait soigneusement évité de s’enfoncer dans les rues les plus douteuses. Ils arrivaient près des berges de l’Hudson, et de deux cafés délabrés parvenaient des sonorités jazz mais assez rudes, sonnant plus comme un blues éraillé que comme le jazz à la mode au cœur de Manhattan.

Décor bien peu glamour pour la belle Anglaise, mais la rivière qu’on devinait contribuait à donner un caractère moins oppressant au paysage. Et puis, elle n’était pas censée savoir qu’un de ces deux bars était un repère de petites frappes. Ray, fait étonnant pour ce fils de producteur, prit lui bien soin d’éviter le bar et descendit avec Cecily sur la rive. Vous pouvez m’appeler Ray, on m’appelle toujours comme ça. Mon histoire n’a rien d’aussi rocambolesque que la vôtre, dit-il en jetant un regard furtif à son interlocutrice, tentant de deviner si véritablement, il y avait bien trace de rocambolesque dans la sienne. J’ai plus ou moins grandi à l’ombre de mon père, mais cela ne me dérange pas tellement, il y a tout de même moins agréable, conclue-t-il sur un léger rire. Cela dit, on a beau requérir ma présence à chaque événement, je ne crois pas vous avoir déjà croisé. Je m’en serai souvenu, ajouta-t-il dans un sourire, tentant d’atténuer avec ironie le stéréotype de sa formulation. Il faillait poursuivre par une question, demander si elle n’avait pas encore tourné à New-York par exemple, mais se retint, ne voulant pas troubler Cecily plus que de raison. Les secrets viennent toujours à qui sait patienter.

En face d’eux, semblant surgir de nulle part, déboula un type tout vêtu de noir, qui se stoppa net en les voyant, et se permit une remarque, dite à voix haute pour être bien entendu malgré les vingt mètres de distance : « Vous v’z’êtes perdus, m’sieurs dames ? ». Et le coquin s’approchait, reniflant l’or dont il manquait peut-être cruellement. Faire l’aumône ne devait pas être dans son genre, voler un portefeuille si, par contre. Et si Ray était convaincu qu’un peu d’agitation ne ferait pas de mal à l’Anglaise, il ne voulait pas que les conséquences lui retombent dessus. Par-dessus tout, il sentait confusément qu’il connaissait ce type, et que si jamais l’inconnu opérait le rapprochement, il allait devoir agir finement. « Tu es attendu derrière » lâcha Ray, en désignant du pouce le bar dont s’échappaient les airs de blues. Interloqué, le type s’en alla, jetant toutefois plusieurs regards en arrière. Et Ray reporta son attention sur Cecily : « Excusez-moi, je ne sais plus ce que je disais. J’ai appris à pallier aux inconvénients de ces paysages insolites, mais je perds toujours le fil. Ah oui, je ne vous ai pas encore croisé. » Il relançait les cartes, et à elle de jouer, il le savait. Il n’aimait pas être en position de faiblesse, mais il s’était mal débrouillée, n’avait pas suffisamment relancé la conversation. Si elle le voulait, elle pouvait très bien le questionner sur ces « paysages insolites » auxquels il semblait habitué. Le seul espoir de Ray était qu’elle aussi se sentait peut-être en position de faiblesse, une fois son absence à tout événement cinématographique mentionnée. Et cette incertitude, cette double confusion, amusait beaucoup le héros du moment, pour qui une discussion ne valait le coup que si l’équilibre était constamment perturbé.

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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Sam 3 Mar - 11:48

Je ne faisais pas attention vers où j'allais, je suivais mon compagnon presque aveuglément, tandis que j'étais, moi, transportée vers les souvenirs de mon enfance, lointaines mémoires enfouies depuis longtemps... Mon premier film ... Je pouvais revoir les regards curieux, les flashs crépitants, les avants-premières, les premières interviews... Des moments qui me manquaient immensément. New York City ... Londres ... Deux grandes villes séparées par un océan, deux villes tellement différentes, surtout la place qu'elles prenaient toutes deux dans mon cœur. L'une d'elle bien moins appréciée que l'autre. 
Je lui racontais qui j'étais, d'où et pourquoi je venais, je me fiais à lui, ravie d'avoir quelqu'un à qui m'adresser, j'espérais qu'il me comprenne. De temps en temps, je guettais des expressions sur son visage, des sourires, et me demandais ensuite ce qu'était son histoire, si la sienne était ... tumultueuse. Après tout, peut-être qu'il cachait des secrets lui aussi, et s'il était marié, père, ou alors simple amant d'un soir ... Mon imagination divaguait, cherchant à ce jeune homme une vie qu'il n'avait certainement pas.
Il nous avait entraîné sur les berges de l'Hudson, de quelques bars sortaient des airs de jazz, je n'avais pas vraiment l'oreille musicale, je n'appréciais guère les différents genres de musique. Exceptées bien sur les rares exceptions que je pouvais trouver dans mes films : les seuls a trouver grâce à mes yeux. Malgré le côté plus chic de Manhattan, ce côté-ci avait certains charmes. 

Je me rendis quand même compte qu'il prit soin de m'éviter les bars, sans doute des endroits légèrement mal fréquentés pour une jeune femme de ma condition.
Vous pouvez m’appeler Ray, on m’appelle toujours comme ça. Mon histoire n’a rien d’aussi rocambolesque que la vôtre Ray' ... Ah il pensait que mon histoire était rocambolesque sans doute dans un certain sens après tout, le verre jeté à la figure avait été un rebondissement à mon histoire, il avait brusquement tout changé dans ma vie. Mais je ne pensais pas que ma vie pouvait être qualifiée de rocambolesque... Il poursuivit :
J’ai plus ou moins grandi à l’ombre de mon père, mais cela ne me dérange pas tellement, il y a tout de même moins agréable Il rit, d'un rire chaleureux que j'appréciais. Cela dit, on a beau requérir ma présence à chaque événement, je ne crois pas vous avoir déjà croisé. Je m’en serai souvenu Quel charmeur faisait-il !
– cela ne m'étonne pas vraiment, disons que je n'ai pas eu l'occasion ...
Avant même que j'eus fini ma phrase, un homme apparut comme par magie, un homme qui se distinguait bien de Ray'. En effet, mon compagnon était très chic, il respirait l'argent, tout comme moi. L'autre semblait sorti d'un trou.
« Vous v’z’êtes perdus, m’sieurs dames ? »

Je me retins de paniquer, je me sentais ridicule, j'étais en bonne compagnie, je devais faire bonne impression, me blottir contre Ray' reviendrait à avouer ma frayeur devant ce genre de personne que je n'avais pas l'habitude de croiser ni en Angleterre, ni même à Manhattan. Et avouer cette peur, reviendrait à me faire passer pour une demoiselle en danger, ce que je ne devais absolument pas devenir.
 « Tu es attendu derrière » ce Ray' était un homme génial, il savait sortir de situation gênante, arborer un voix confiante et dure, on aurait dit un acteur...

« Excusez-moi, je ne sais plus ce que je disais. J’ai appris à pallier aux inconvénients de ces paysages insolites, mais je perds toujours le fil. Ah oui, je ne vous ai pas encore croisé. »
Et il reprenait la conversation comme si de rien n'était, je devais cacher l'admiration que je commençais à éprouver pour lui, après tout, j'étais l'actrice, je devais être admirée, lui n'était que le fils d'un producteur ! 
Comme je n'avais précédemment pas fini ma phrase je la repris :
– je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'assister à de grands événements depuis que je suis ici ... le regret pointait dans ma voix, le fait qu'être célèbre et reconnue me manquait était aisément perceptible dans le ton qui j'arborai.
Puis intriguée par les paysages insolites auxquels il semblait étrangement habitué, je lui demandais :
– Vous dites que vous avez appris à pallier aux inconvénients de ses endroits insolites... Votre père vous laisse donc vagabonder à votre guise dans des endroits qui n'ont pas forcément une bonne réputation ? Ce serait fort dommage que par manque de prudence il vous arrive quelque chose !
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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Ven 9 Mar - 9:22

Le caractère de Cecily le ravissait, et plus il appréciait cette étonnante matinée, plus il se fondait dans son personnage. Évidemment, le Bronx n’était peut-être pas le meilleur quartier pour qu’il oublie tout à fait qui il était. Ou plutôt, qui il n’était pas. « Je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'assister à de grands événements depuis que je suis ici ... » Il en était désolé, de toutes évidences. Cecily avait un visage charmant, pimpant, et elle avait de quoi faire tourner les têtes, il en était certain. Seulement, commencer une nouvelle vie à New-York... il savait que c’était possible, ça oui. Mais il lui avait fallu une détermination exacerbée et une bonne dose de folie pour réussir à se faire sa place, ses places, dans cette ville soi-disant accueillante. Il risqua un conseil. « Oh, New York n’a rien de prétentieux, vous ne devriez pas hésiter à sortir près de Broadway le soir, c’est encore le meilleur moyen de se faire remarquer. Je n’ai jamais vécu en Angleterre, mais je suis convaincu que votre succès là-bas a été difficilement gagné. Ici, les gens se prennent vite d’engouement pour quelqu’un et ne cherchent pas à en savoir trop, alors n’ayez crainte hein ». Ray aurait bien volontiers poursuivi la discussion dans ce sens, tel un badinage innocent. Mais c’était sans compter sur la curiosité bienveillante de son interlocutrice, revenant légèrement sur un sujet qu’elle ne devinait pas houleux. « Vous dites que vous avez appris à pallier aux inconvénients de ses endroits insolites... Votre père vous laisse donc vagabonder à votre guise dans des endroits qui n'ont pas forcément une bonne réputation ? Ce serait fort dommage que par manque de prudence il vous arrive quelque chose ! » Oui, elle était charmante. Charmante mais sans aucun doutes dérangeante, à l’instant présent.

Ray fouilla dans sa poche, comme pour y chercher un paquet de cigarettes, le temps de construire son mensonge, de se façonner un nouvel aspect de cette vie inventée. Il tendit le paquet vers Cecily, puis le rangea en répondant lentement. « Mon père... ne se fait pas trop de soucis pour moi. Il n’a qu’une vague idée des endroits où je passe mes journées, mais il nous est arrivé d’en parler en riant, comme si d’une certaine manière il reconnaissait en moi ses propres erreurs de jeunesse. Il me laisse une certaine liberté, dont je n’oserai abuser, rassurez-vous. » Et Ray, ému, de s’imaginer ces moments fictifs, autour d’un feu de cheminée, à discuter avec un père célèbre, relégué à n’être que l’ombre de cette figure imposante, mais appréciant d’en être aimé. Tout un monde qu’il était en train de peindre et pour lui, et pour Cecily. Il la regardait, en lui répondant. Et il se demandait s’il aurait reconnu en elle une actrice, en l’ayant croisé dans la rue. Ray commençait à avoir un certain flair en ce qui concernait les gens. Mais Cecily était avant tout une Anglaise, cela, n’importe qui pouvait le remarquer, son accent était si chantant, si aigu. Est-ce que derrière l’Anglaise on devinait l’actrice ? Difficilement. Il se surprit à tenter de se représenter ce à quoi ressemblerait Cecily d’ici quelques années, si tout se déroulait comme elle le souhaitait. Américanisée, reconnue si ce n’est célèbre, plus à l’aise peut-être... Il retint un rire en songeant que finalement, son charme se serait peut-être évanouie. Qu’appréciait-il d’elle pour l’instant sinon ses hésitations aimables, son exotisme pour lui qui n’avait jamais quitté l’Amérique et toute cette histoire faite de secrets galants qu’on voulait bien lui imaginer ? Il n’osait tout de même pas lui conseiller, de but en blanc, de ne pas trop se laisser prendre au modèle américain. D’autant qu’il n’était pas bien sûr de savoir à quoi pouvait correspondre ce modèle américain, lui qui jouait sur tant de modèles différents. Mais tout de même, les New-Yorkais se reconnaissaient globalement entre eux. Une certaine assurance, une façon d’accepter le progrès et les choses étonnantes comme si l’on en était déjà blasé, comme si l’on avait déjà tout vu. Quelques façons de marcher, son manteau serré contre soi pour éviter le vent entre les grandes avenues, se répétaient ici ou là. Et Cecily, le nez en l’air pour observer les paysages insolites, n’avait rien de tout cela. Ray interrompit le cours de ses pensées en remarquant du coin de l’œil que l’intrus de tout à l’heure, qu’il croyait bien avoir envoyé au diable, n’était qu’adossé au mur du bar, à plusieurs dizaines de mètre d’eux, mais les regardant fixement. Ou bien le regardant fixement ? Ray plongea son regard dans celui de Cecily, tentant de capter son attention pour qu’elle n’ait pas l’idée de jeter un coup d’œil ailleurs.



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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Dim 18 Mar - 18:07

Au bras de mon compagnon je n'hésitais pas à me confier, sur tout : mes déceptions, mes envies de retrouver un certain renom. Je doutais cependant qu'il comprenne totalement pourquoi j'étais aux Etats-Unis alors qu'on pouvait clairement sentir dans mon ton que mon cœur était toujours en Angleterre ... Pendant ma première année à New York, je n'avais fait aucun effort pour m'intégrer à la vie trépidante des Américains, j'étais restée dans mon coin, occupée à préparer un quelconque retour dans mon pays. Mais depuis plusieurs semaines ou mois, je m'étais presque rendue à une certaine évidence qui faisait que je me rendais compte que jamais plus je ne retrouverais la notoriété que j'avais auparavant possédé. J'étais maintenant à la recherche de moyens qui pourraient me faire devenir une actrice de ce côté-ci de l'Atlantique puisqu'il fallait que je réalise qu'ici était mon futur.

« Oh, New York n’a rien de prétentieux, vous ne devriez pas hésiter à sortir près de Broadway le soir, c’est encore le meilleur moyen de se faire remarquer. Je n’ai jamais vécu en Angleterre, mais je suis convaincu que votre succès là-bas a été difficilement gagné. Ici, les gens se prennent vite d’engouement pour quelqu’un et ne cherchent pas à en savoir trop, alors n’ayez crainte hein »
J'acquiesçais, en effet, le succès avait été dur à conquérir, me faire accepter comme réelle actrice et non uniquement comme joli minois, ça avait été ma bataille. Paradoxalement, quand je n'étais plus devant la caméra j'aimais qu'on me désire, peu m'importait la raison, j'aimais les hommes, ils m'aimaient également...
Ce que Ray' me disait, me rassurait, si les Américains étaient ouverts à ce point j'avais peut-être des chances d'arriver à percer comme étant une personne complètement différente.

- merci de ces conseils, je les suivrai !
Je lui lançais un grand sourire, histoire de lui prouver la reconnaissance que j'éprouvais à son égard. Il me rendait la confiance en moi, celle que j'avais perdu tandis que ce cocktail avait été renversé sur ma tête plus d'un an auparavant.
Nous continuions de déambuler dans cet endroit mal famé, endroit qui pourrait faire un excellent décor de film, un film spécial bien entendu qui saurait montré la beauté de cet endroit, en montrant également bien entendu son climat particulièrement tendu ... Je voulais être cette réalisatrice, celle qui passerait derrière la caméra qui tournerait ce film spécial. Mon film ... Celui qui mettra un point d'honneur à ma carrière d'actrice. Qui la conclura peut-être ...

« Mon père... ne se fait pas trop de soucis pour moi. Il n’a qu’une vague idée des endroits où je passe mes journées, mais il nous est arrivé d’en parler en riant, comme si d’une certaine manière il reconnaissait en moi ses propres erreurs de jeunesse. Il me laisse une certaine liberté, dont je n’oserai abuser, rassurez-vous. »
J'aimais la relation que Ray' semblait avoir avec son père, à vrai dire que je l'enviais. Son père semblait être quelqu'un d'ouvert et d'indépendant. Le mien était bien trop lié à ma mère et lui obéissait au doigt et à l'œil. Avant il se souciait davantage de moi, avant que je ne commence à devenir une actrice connue ...
- votre père semble être un homme bien, j'aimerai le rencontrer un jour !

Nous continuions d'avancer, j'avais déjà oublié l'homme qui nous avait interpellé un peu plus tôt, ce n'était qu'un homme parmi d'autres. Une personne que l'on croise au coin d'une rue et qu'on ne revoit plus jamais ...


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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Dim 1 Avr - 16:40

« Merci de ces conseils, je les suivrai ! ». Tout semblait si simple. Elle était exactement telle qu’il s’imaginait une Anglaise, telle qu’il s’imaginait une actrice. Et Ray était tout à son imagination, tout à son jeu, ravi de pouvoir l’aider, lui qui savait si bien jouer un rôle, des rôles. Après tout, New-York l’avait bien accepté sous mille personnalités, pourquoi une fille comme Cecily ne serait-elle pas acceptée sous mille autres, devant la caméra, un endroit tout exprès conçu pour cela ? Ray croyait volontiers à l’avenir du cinéma, et au bonheur que l’on pouvait ressentir dans le creux de ces salles noires vous délivrant un message, un rire, une émotion. Cecily sur grand écran, il y croyait absolument. Seulement... Qu’il y croit lui, Ray, ne semblait peut-être pas suffisant à la belle, qui d’une phrase anodine le fit vite redescendre sur Terre. « Votre père semble être un homme bien, j'aimerai le rencontrer un jour ! ». Il n’avait pas besoin d’un petit mafieux du Bronx pour nuire à sa couverture, elle partait d’elle-même, sous les grands yeux clairs de son interlocutrice. Ray sourit, nouvelle façon de se donner du temps. Puis il se lança à l’eau.

« Oui, c'est foncièrement un homme bien et... oh, j’espère ne pas vous avoir fait de faux espoirs à ce sujet, mais il est assez difficile d’accéder à mon père via mon entremise. Quand j’avais vingt ans, j’ai du lui présenter plus de dix filles qui, vues de mes yeux d’adolescent amoureux, avaient toutes un potentiel incroyable pour devenir actrices. Aujourd’hui, il ne veut plus m’écouter. Mais évidemment, je ne pourrais tout de même m’empêcher de lui parler de vous ! »

Ray tenta de se constituer une image mentale de son père, ce qu’il était forcé de faire lorsque le mensonge devenait consistant, pour ne pas faire de faux pas. Un type ouvert, libre, avec un fils unique auquel il fait confiance mais qu’il ne mêle jamais à ses affaires de cinéma... Pour l’instant, le portrait se tenait encore. Ray soupira, et avisant à quelques pas d’eux un petit café qui semblait bien moins délabré que ceux des environs, fit signe à Cecily de s’y rendre, si cela lui convenait. L’ardoise noire affichait le prix très faible d’un café assorti d’une part de tarte du jour. Il s’excusa auprès de Cecily un instant, le temps de demander à la serveuse peu occupée s’ils pouvaient s’installer là le temps de se reposer. Flairant le gibier prêt à laisser un important pourboire, la jeune femme ne se fit pas prier et leur présenta immédiatement une petite table ronde en face d’une banquette. Leurs seuls voisins étaient un couple qui semblait se chamailler silencieusement. Ray revint auprès de Cecily, attendant de savoir ce qu’elle en pensait. Cet intermède, la présence de la serveuse... autant d’éléments qui perturberaient peut-être le cours de la discussion, pour se porter sur des choses plus concrètes. « La tarte du jour est la tarte au citron, mais on a aussi fruits rouges ou rhubarbe » entonna la serveuse, pour le plus grand plaisir de Ray. Plus on embrouillait sa compagne du jour, plus elle perdait le fil de ses interrogations. Ou pas. Il croisa son regard et manqua de rougir. Elle avait sûrement son âge, ce n’était pas une jeune fille qu’il pouvait duper et qui s’en remettrait, c’était une femme qui croyait en quelque chose, qui possédait ses rêves... et qu’il menait en bateau. Inattendu et désagréable sentiment de remords, qu’il chassa d’un geste de la main.


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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Dim 8 Avr - 18:05

Cecily ne pouvait s'empêcher, ainsi au bras de son jeune compagnon, de s'imaginer recouvrant une notoriété aux Etats-Unis. Il était sa clef, sa porte, la personne en qui elle avait beaucoup de confiance alors qu'elle le connaissait à peine, il était capable de la diriger vers un avenir certain. Un retour sur les écrans ! Elle croyait en lui comme une enfant naïve croit au père Noël ou comme un croyant croit en une force supérieure. Comme par une sorte de conséquence, la jeune femme éprouvait pour lui une certaine admiration. Il parlait facilement, d'un ton expressif, il se déplaçait avec élégance, si bien qu'elle en venait à se demander s'il ne devrait pas être acteur. Après tout, il était toujours qu'ils puissent un jour tourner ensemble !
« Oui, c'est foncièrement un homme bien et... oh, j’espère ne pas vous avoir fait de faux espoirs à ce sujet, mais il est assez difficile d’accéder à mon père via mon entremise. Quand j’avais vingt ans, j’ai du lui présenter plus de dix filles qui, vues de mes yeux d’adolescent amoureux, avaient toutes un potentiel incroyable pour devenir actrices. Aujourd’hui, il ne veut plus m’écouter. Mais évidemment, je ne pourrais tout de même m’empêcher de lui parler de vous ! »
Cecily s'amusa à imaginer un jeune adolescent roux, allant voir son père, présentant chaque jour une nouvelle jeune femme exquise. Elle sourit tout en sentant ses joues lentement se colorer de rouge, elle aimait que l'on parle d'elle, être le centre de l'attention, le nombril du monde ... C'était une des facettes du métier d'actrice qu'elle appréciait le plus quand elle ne jouait pas.

Son compagnon l'emmena vers un petit café, il ne semblait pas aussi mal famé que les bars précédemment croisés. Au fond de ses pensées, Cecily craignait de tomber sur un homme du même genre que celui que Ray' avait "remballé", cependant, elle se doutait qu'elle pouvait compter sur lui. Il l'abandonna quelques instants pour demander à la serveuse, s'ils pouvaient rester un petit moment. Pendant ce temps, la jeune femme regarda autour d'elle, la décoration était sobre, voire inexistante; elle qui aimait s'entourer d'affiches de films en noir et blanc, n'était pas vraiment dans son élément ... Ray' revint tandis que la femme leur désignait une table.
« La tarte du jour est la tarte au citron, mais on a aussi fruits rouges ou rhubarbe » énonça la serveuse.
Cecily réfléchit un instant et répondit poliment : " je prendrai une tarte aux fruits rouges accompagnée d'un café "

Elle tourna ensuite la tête vers Ray', leur regard se croisèrent et elle lui lança un léger sourire, elle croyait vraiment en lui, en tout ce qu'il pouvait lui dire, à certains moments, elle s'était demandée s'il était toujours sincère, mais elle n'avait aucune raison de ne pas avoir confiance.
Une fois que la jeune femme fut partie avec leur commande, Cecily se détendit doucement, regarda le jeune homme qui lui faisait face, se demandant sur quoi elle pourrait le questionner. Certainement pas sur son père, sujet qu'elle avait déjà amplement abordé. Elle décida donc de se concentrer sur lui et sur sa vie. Avec un léger sourire mutin, elle demanda : " Êtes-vous déjà aller en Angleterre ? D'ailleurs, votre père a-t'il déjà produit des films britanniques ?"
Elle ne pouvait s'en empêcher, sa curiosité était grandissante au fur et à mesure qu'elle parlait avec Raymond. En effet, pour que la confiance soit acquise, Cecily devait apprendre à le connaître ! Et rien de mieux pour cela, qu'une petite conversation, dans le Bronx, en tête à tête autour d'un café, qui d'ailleurs, ne tarda pas à arriver, la jeune femme lâcha alors sa cigarette pour boire une chaude gorgée .
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Gabriele A. Paolino

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MessageSujet: Re: [R&C] When My Sugar Walks Down the Street   Lun 9 Avr - 17:16

Le dessert du jour était plutôt du genre tarte à la crème. Une grosse tarte à la crème remplie de mensonges que la jolie blonde était en train de gober depuis déjà pas mal de temps. Gabriele n'avait pas voulu assister à tout ça. A vrai dire, il s'était trouvé au mauvais endroit au moment même où ce charlatan de Ray' récupérait à son bras ce qui semblait être une gracieuse Britannique du monde du cinéma. Au début, il s'était étonné de le voir aux côtés d'une telle demoiselle, Ray' n'était pas vraiment des personnes qui côtoyaient la population huppée de New-York. Il aurait fallu pour ça qu'il soit de bonne famille ou qu'il ait réussi à se faire un nom dans le show-biz. Et encore, l'Italien commençait tout juste à se faire connaître qu'une telle beauté ne lui aurait même pas accordé un regard. Visiblement curieux d'une telle prise, il n'avait pas pu s'empêcher de les suivre. La répétition au bar attendrait, devant lui se profilait un spectacle bien plus divertissant. C'était donc vêtu d'un costume bleu nuit fraîchement sorti du teinturier et coiffé les cheveux en arrières comme la mode américaine l'exigeait que l'homme pénétra à son tour dans les ruelles sombres du Bronx. Il prenait soin de garder ses distances avec le couple devant lui tout comme il faisait attention à ne pas se faire remarquer par ses types suspects qui louchaient sur lui comme si le prix exorbitant du tissu de son costume était écrit en grosses lettres. Parfois quand on l'accostait non loin de lui, il répondait en italien de la voix la plus assurée possible. Avec un peu de chance, on le laisserait tranquille jusqu'à ce qu'il ne termine son amusant voyeurisme. Au fil de la promenade, les paroles de Ray' s'avéraient de plus en plus intéressantes. Ainsi donc il était fils d'un grand producteur américain. Il écumait les soirées mondaines et semblait d'un précieux conseil auprès de son paternel. C'était tout bonnement ridicule. Comment la jolie blonde pouvait-elle avaler une telle mascarade ? Sitôt qu'il l'aurait eue dans son lit, il l'abandonnerait comme on quitte la scène. Rideau, eri troppo ingenua... Cependant, Gabriele lui devait reconnaître un certain talent dans l'art de mentir. Finalement, il ferait peut-être mieux de se lancer dans le cinéma plutôt que de le faire croire. L'homme était bienheureux d'avoir démasqué Raymond. Depuis quelques temps, ce dernier se targuait d'avoir découvert l'un des petits secrets de Lino qui vivait maintenant dans la crainte qu'il ne parle un peu trop auprès des mauvaises personnes. Il ne tenait pas à ce que le scénario en Sicile ne se reproduise. Il n'avait pas fui pour rien...

La partie la plus intéressante survint lorsqu'ils s'engouffrèrent dans un café qui semblait légèrement plus recommandable que les autres. Comptait-il réellement conclure dans cet endroit infame ? Pourquoi ne l'avait-il pas emmenée dans un café des grandes avenues là où les arômes et la vue printanière achèveraient de lui faire croire à mille merveilles ? C'était un choix singulier mais peut-être aimait-il les défis ? A son tour, Gabriele entra dans le café juste à la suite des deux jeunes gens. Ray était si occupé à trouver un coin tranquille et la blonde semblait si obnubilée par son nouveau prince charmant qu'ils ne remarquèrent même pas sa présence. Il aurait pu se délecter pendant des heures de cette parade amoureuse qu'il exécutait mais l'Italien eut soudain l’irrépressible envie d'y mettre son grain de sel. Ray' perdrait-il la face s'il venait à comprendre que quelqu'un – et pas n'importe qui était au courant de ses petits mensonges ? A peine la jeune femme eut-elle posé de nouvelles questions que Gabriele esquissa un rapide pas vers eux comme un cheveu sur la soupe. Il se baissa jusqu'à l'oreille de Cecily, sans craindre de la faire sursauter : « Ils sont même allés jusqu'en Italie. Vous auriez du voir les chefs d’œuvre. » Sussura-t-il de son accent sicilien. Se redressant, il écarta les bras, faisant ressortir toute son euphorie et sa sympathie européenne que les américains soupçonnaient être de l'hypocrisie. « Ray'. Quel étonnement de te voir là ! » Il s'approcha de l'homme et lui adressa un grand sourire plein de sous-entendus. « Encore en train de recruter les plus beaux talents d'Amérique ? » Il lui décocha une tape dans le dos qui relevait presque plutôt du coup de poing appuyé puis reporta son attention sur la jolie blonde. « Tu ne me présentes pas ? Souhaites-tu tant la garder pour toi ? » A son tour, il s'était embarqué dans la petite comédie. Gabriele se moquait d'avoir interrompu un tête-à-tête décisif. Il y avait la place pour deux, il y avait la place pour trois !
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